L’espace, lieu d’une concurrence de plus en plus intense entre une multitude d’acteurs publics et privés, est de plus en plus encombré, indiquent des rapports publiés à l’occasion du Sommet international sur l’espace, à Paris.
Dans son « Panorama de l’économie spatiale », l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) se penche sur ce secteur économique au chiffre d’affaires estimé entre 550 et 600 milliards d’euros en 2025, avec aujourd’hui « près de 15.000 » satellites actifs en orbite.
D’autres estimations sont plus élevées. L’entreprise française de surveillance et de sécurité spatiales Look Up en dénombre près de 17.000.
Un seul opérateur, le fournisseur d’internet Starlink (groupe SpaceX), en contrôle plus de la moitié: 60% selon l’OCDE, 65% d’après Look Up.
La croissance rapide de ce secteur, avec la concurrence d’Amazon Leo et de fournisseurs chinois, devrait aboutir à avoir 41.000 satellites supplémentaires en orbite d’ici à 2034, d’après les projections du cabinet PwC.
« L’espace est en train de devenir un nouveau territoire d’infrastructures critiques et de puissance », indique à l’AFP le cofondateur de Look Up, Michel Friedling, ancien commandant français de l’espace.
PwC va plus loin, relevant des dynamiques de conflit. Par exemple, écrit le cabinet, « les débris sont considérés comme un outil offensif dans les mains de certains États » pouvant perturber la trajectoire des satellites d’autres pays.
La source de tensions la plus récente a été la destruction par la Russie, en novembre 2021, d’un de ses satellites (Kosmos-1408) par missile. Celui-ci s’est disloqué en milliers de morceaux, et « le champ de débris persiste à des altitudes stratégiques » en orbite basse, relève PwC.
L’OCDE fait état de « 45.860 » débris suivis, et « 140 millions d’objets » trop petits pour être suivis mais « susceptibles de provoquer des dommages ».
D’après cette organisation, « la congestion orbitale s’intensifie dans les orbites terrestres basses les plus prisées ».
« La concentration des satellites sur les bandes orbitales les plus prisées peut avoir une incidence sur les conditions d’accès au marché, les coûts d’évitement des collisions, la coordination des fréquences et la disponibilité à long terme des ressources orbitales », souligne l’OCDE.
L’espace ne doit pas « devenir une zone de non-droit », insistent les organisateurs du sommet international organisé à Paris mercredi et jeudi, sur le site internet de l’évènement qui entend promouvoir « un espace à la hauteur des enjeux de notre temps ».
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