L’opérateur de l’application WeChat, omniprésente sur les smartphones en Chine, a annoncé mercredi avoir colmaté une faille de sécurité signalée par une entreprise américaine, qui avait démontré que l’intelligence artificielle (IA) pouvait servir à exploiter cette vulnérabilité.
Très utilisée dans le monde sinophone, WeChat compte plus d’un milliard d’utilisateurs. Elle permet d’envoyer des messages, de publier du contenu, d’effectuer des paiements et d’accéder à de nombreux services en ligne.
La société américaine Calif, spécialisée dans la cybersécurité, se présente comme une équipe de hackers éthiques dont l’objectif est de « rendre internet plus sûr » en détectant des failles dans des applications et des programmes.
Elle affirme avoir conçu un « ver » informatique capable de se propager de téléphone en téléphone simplement en passant des appels aux contacts WeChat.
« La victime n’a pas besoin de décrocher ni d’interagir avec son téléphone », a expliqué mardi Calif dans un billet de blog.
« L’exploitation de cette faille ne prend que quelques secondes et nous donne le contrôle total du compte WeChat. Nous pouvons lire et envoyer des messages, passer des appels et agir au nom de la victime », affirme l’entreprise.
Combiné à d’autres failles, le ver » WeWorm » pourrait même prendre le contrôle complet d’un appareil, assure la société.
Le géant chinois Tencent, qui exploite WeChat, a indiqué à l’AFP que Calif l’avait alerté sur un » problème potentiel de sécurité « .
« Nous avons examiné le rapport et déployé un correctif. Celui-ci a été déployé sur nos serveurs et est désormais actif pour tous les utilisateurs. Aucune mise à jour de l’application ni autre action n’est nécessaire », a-t-il précisé.
« Nous n’avons aucune preuve que la faille ait été exploitée ni qu’un utilisateur ait été affecté », a ajouté Tencent, se disant « reconnaissant » envers Calif.
La capacité des systèmes d’IA à découvrir des vulnérabilités jusque-là inconnues a déclenché des appels pressants à renforcer les défenses numériques des gouvernements et des entreprises.
Calif affirme avoir identifié la faille de WeChat grâce à l’IA en deux jours, puis élaboré le ver en une semaine, un travail qui aurait auparavant mobilisé une équipe plus nombreuse pendant des mois.
« Ces capacités, que l’IA met désormais à la portée d’acteurs moins aguerris, exposent les utilisateurs ordinaires à des risques inédits », souligne l’entreprise.
L’IA pourrait figurer à l’ordre du jour d’une rencontre attendue ce mois-ci entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping à la Maison Blanche.
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