Le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez a annoncé mercredi la création d’un outil destiné à mesurer la présence des discours de haine sur les plateformes numériques et à demander des comptes à ceux qui les laissent prospérer.
Cet outil, baptisé Hodio (pour « Huella del Odio y la Polarización », « Empreinte de la haine et de la polarisation »), « va permettre de mesurer de façon systématique la présence, l’évolution et la portée des discours de haine sur les plateformes numériques », a assuré M. Sánchez lors de son intervention au premier Forum contre la haine organisé à Madrid.
Cet instrument sera mis en oeuvre par l’intermédiaire de l’Observatoire espagnol du racisme et de la xénophobie et s’appuiera « sur des critères académiques reconnus », a assuré le chef du gouvernement espagnol, qui multiplie les critiques depuis plusieurs mois contre les propriétaires des grandes plateformes numériques.
Hodio analysera « la présence de discours de haine et de polarisation sur les principaux réseaux sociaux utilisés en Espagne » et permettra de produire un rapport semestriel avec un classement pour suivre l’évolution sur chaque plateforme, indique l’Observatoire sur son site internet.
« Nous allons rendre publics les résultats afin que tout le monde sache qui freine la haine, qui détourne le regard et qui fait du business avec la haine », a poursuivi M. Sánchez au cours de son intervention, lors de laquelle il a de nouveau ciblé les « technoligarques ».
« L’objectif est très clair: sortir la haine de l’ombre, la rendre visible, exiger des comptes à ceux qui n’agissent pas », a-t-il ajouté, rappelant que les faits considérés comme des délits de haine avaient augmenté de 41% au cours de la dernière décennie en Espagne.
« A partir de maintenant, les réseaux sociaux devront rendre des comptes publiquement pour chaque contenu haineux qu’ils autorisent », a-t-il affirmé.
M. Sánchez a annoncé le mois dernier une série de mesures visant à renforcer le contrôle sur les réseaux sociaux, parmi lesquelles figurait la volonté d’interdire l’accès à ces plateformes aux moins de 16 ans.
Peu après, le gouvernement espagnol a demandé au parquet d’ouvrir une enquête visant X, Meta et TikTok pour la création d’images pornographiques infantiles grâce à l’intelligence artificielle, comme d’autres pays l’ont déjà fait.
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