Filmées à leur insu, exposées sur les réseaux sociaux puis victimes de harcèlement parfois violent: l’association e-Enfance, qui gère la ligne 3018, alerte mardi sur des vidéos humiliantes réalisées avec des lunettes caméra et diffusées en ligne.
Depuis le début de l’année, le 3018, numéro national dédié aux victimes de violences numériques, a reçu une vingtaine de signalements concernant des femmes filmées sans leur consentement à l’aide de lunettes équipées d’une caméra, dont la majorité concernait des modèles Meta.
Selon e-Enfance, les cas signalés suivent un scénario récurrent: un créateur de contenus aborde une jeune femme ou jeune fille dans un lieu public, et la filme discrètement à l’aide de ces lunettes connectées.
Il cherche à « provoquer une réaction, la mettre mal à l’aise ou la placer dans une situation embarrassante » avant de diffuser la séquence sur les réseaux sociaux, principalement TikTok, explique l’association dans un communiqué.
Sortie de son contexte ou mise en scène, elle est proposée à une audience qui peut compter plusieurs milliers d’utilisateurs, selon l’association.
Les personnes filmées deviennent souvent la cible de moqueries, d’insultes misogynes, voire de menaces, poursuit l’association, qui cite notamment le cas d’une jeune fille filmée lors de la Fête de la musique à Paris.
Après l’avoir abordée, un homme portant des lunettes connectées Meta l’a filmée et a posté la vidéo sur TikTok, Instagram et X, où elle est devenue virale. La jeune fille a reçu des « commentaires haineux et des menaces de mort ».
« Plusieurs des comptes concernés sont ceux de créateurs dont l’activité repose précisément sur ce type de contenus. Même lorsque les victimes demandent la suppression des vidéos, les auteurs refusent de les retirer », avertit e-Enfance.
En tant que signaleur de confiance, le 3018 a obtenu de TikTok le retrait de plusieurs des vidéos. Mais certaines ont été remises en ligne par la suite tandis que les comptes concernés continuaient à publier de nouvelles séquences.
« Leur usage dans l’espace public doit être mieux encadré », plaide l’association.
« Il faut revoir l’encadrement de ces dispositifs dès leur conception. Et quand des créateurs font de l’humiliation d’inconnus leur fonds de commerce, les plateformes doivent appliquer une tolérance zéro et suspendre les comptes récidivistes », demande Véronique Béchu, directrice de l’Observatoire de l’Association e-Enfance 3018.
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