Le Premier ministre indien Narendra Modi a officiellement lancé jeudi deux nouvelles chaînes de fabrication de semi-conducteurs, nouvelle étape d’un plan ambitieux qui vise à faire de son pays l’un des principaux fabricants de la planète.
En juillet, son gouvernement avait annoncé un programme d’aide de 13 milliards de dollars destiné à favoriser la production locale de ces puces, essentielles au développement de l’intelligence artificielle (IA).
« Les puces fabriquées en Inde sont livrées aux clients en Inde et dans l’ensemble de la planète », s’est réjoui M. Modi en ouvrant la conférence « Semicon 2.0 » qui réunit les grands acteurs du secteur à New Delhi.
Le chef du gouvernement indien a reçu dès mercredi soir les dirigeants des entreprises indiennes Tata Electronics et CG Power, ainsi que de leurs concurrents ASML, Micron, Applied Materials, Intel ou Foxconn.
New Delhi a investi l’an dernier 18 milliards de dollars (15,6 milliards d’euros) dans dix projets liés aux semi-conducteurs, dont l’ouverture de deux usines dernier-cri à Noida, dans la banlieue de la capitale, et à Bangalore (sud).
S’il reste encore très loin des champions installés aux Etats-Unis, à Taïwan, en Corée du Sud ou en Chine, le marché indien de la fabrication des puces a connu une croissance exponentielle.
Sa valeur est passée de l’équivalent de 38 milliards de dollars en 2023 à 45 à 50 milliards lors de l’année fiscale 2024-2025. Et les investisseurs espèrent lui voir passer la barre des 100 milliards d’ici 2030.
« Pour un pays, arriver à ce niveau en si peu de temps n’est pas simple, se n’est pas un secteur où vous ouvrez une usine et c’est parti », a souligné Narendra Modi jeudi.
« Notre écosystème a franchi le cap de la fondation pour entrer dans une phase de plus grande échelle où les opportunités sont plus nombreuses », a-t-il ajouté.
« L’Inde doit se hisser parmi les principaux acteurs mondiaux en matière de technologies émergentes », a souligné M. Modi, « quand les chaînes de production sont transformées en armes, elles prennent une importance encore plus grande ».
Le chef du gouvernement a enfin répété son intention de former en Inde 100.000 ingénieurs dédiés à la conception et à la fabrication de puces, et 10 millions d’autres au développement de l’IA.
« Un tel réservoir de talents constitue une mine d’or pour vous tous », a-t-il lancé aux industriels.
Déterminée à rattraper les Etats-Unis et la Chine dans la course à l’IA, l’Inde a annoncé ces derniers mois plus de 200 milliards de dollars d’investissements, de la part de groupes indiens ou étrangers, notamment pour la construction de centres de données géants.
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