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Niger: la pénurie d’essence s’étend à la capitale Niamey

Posté le par AFP

La pénurie d’essence qui touche plusieurs villes du Niger a gagné la capitale Niamey où des files d’attente s’allongent dimanche devant les stations-service.

Le Niger est dirigé depuis juillet 2023 par un régime militaire qui prône la souveraineté, particulièrement sur les ressources minières du pays qui est notamment producteur de pétrole.

Mais la raffinerie nationale, à Zinder, ne parvient pas à répondre à la demande.

Epargnée ces dernières semaines par ces pénuries, la capitale Niamey de deux millions d’habitants est désormais touchée.

En fin de semaine, le ministère du Commerce a publié une liste de stations-service où l’essence est disponible et qui ont été vite prises d’assaut.

Certains responsables de stations affirment que leurs cuves sont à sec « depuis quatre jours ».

« J’étais dans la file d’attente de 21 heures à 3 heures du matin avant d’être servie », raconte, Aïcha une résidente de la Poudrière, un quartier de Niamey.

« J’ai parcouru la moitié de la ville à chercher l’essence en vain », râle Amadou Harouna, un motocycliste.

Dans les rues de la capitale la circulation est plus fluide qu’à l’accoutumée.

« On nous a annoncé la fin de la pénurie mais nous ne voyons pas le bout du tunnel », fulmine Abdoulaye Zakari adossé à sa moto tombée en panne sèche.

Pour garantir le « ravitaillement du marché local », le ministère du Commerce vient d’interdire l’exportation du gasoil et de l’essence super.

Afin de satisfaire les besoins du pays, la Sonidep, compagnie nationale pétrolière, doit importer de l’essence, et la question d’une hausse des prix du carburant, sujet toujours sensible auprès des populations se pose.

Mais le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani a rejeté pour le moment toute augmentation pour « ne pas aggraver le coût de la vie ».

Début octobre, il a par ailleurs limogé le patron de la Sonidep, sans justifier sa décision.

La hausse de la consommation en stations-services s’explique notamment par la réduction ces dernières années du volume de carburant de contrebande venu du Nigeria.

Cette essence devenue trop chère après l’arrêt des subventions du gouvernement nigérian pouvait représenter jusqu’à 50% du marché et alimentait les régions frontalières.

Depuis 2011, le Niger produit 20.000 barils par jour de pétrole raffiné et 90.000 barils de brut extraits dans l’Agadem (nord-est).

« La population n’arrive pas à comprendre : on dit que le Niger a le pétrole mais nous continuons de souffrir », a reconnu Fatimata Marafa Salifou, la nouvelle patronne de la Sonidep, lors d’une réunion vendredi avec les responsables du secteur des hydrocarbures pour « trouver une solution » à la pénurie.

L’an dernier, le Niger avait déjà été confronté à un manque inédit d’essence.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »


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