Une personne nord-coréenne a travaillé à distance sous une fausse identité dans l’informatique pour une entreprise néo-zélandaise, puis a menacé de divulguer des informations sensibles lorsqu’elle a été démasquée, a révélé jeudi l’agence de cybersécurité de Wellington.
La Corée du Nord fait l’objet de nombreuses sanctions internationales en raison de ses programmes nucléaires et d’armement, qui interdisent entre autres à ses citoyens d’obtenir des visas de travailler à l’étranger.
La personne incriminée « a utilisé une fausse identité, avec notamment de faux documents, une adresse néo-zélandaise comme point de contact, et a recruté un citoyen néo-zélandais pour réceptionner et utiliser l’ordinateur portable de l’entreprise », a raconté le Centre national de cybersécurité néo-zélandais.
L’entreprise qui l’employait a fini par avoir des soupçons, déclenchant l’ouverture d’une enquête qui a révélé sa véritable identité. La société a ensuite mis fin à son contrat et a refusé de verser sa rémunération.
La personne a alors « affirmé avoir obtenu des informations commerciales sensibles et menacé de les divulguer si (elle) n’était pas payée », poursuit l’agence de cybersécurité.
En juillet, les Etats-Unis et dix pays alliés ont mis en garde les entreprises contre l’emploi d’informaticiens nord-coréens, dont le travail génère des ressources cruciales en devises étrangères finançant le programme nucléaire de leur pays. La Corée du Nord a nié ces allégations.
« Dans certains cas, les travailleurs mènent aussi des opérations informatiques malveillantes. Ils opèrent souvent sous le couvert de sociétés écrans supervisées par l’appareil d’État nord-coréen », a déclaré le Centre de cybersécurité de Nouvelle-Zélande.
Son rapport exhorte les entreprises à mener des entretiens en personne afin de limiter le risque d’activités clandestines.
L’agence indique dans ce document que 23% des cyberattaques majeures perpétrées contre la Nouvelle-Zélande l’année dernière étaient commanditées par des États, citant la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord comme étant à l’origine de ces attaques.
Elle met également en garde contre un risque croissant pour le Pacifique Sud, évoquant « un cyberespionnage commandité par des États visant les gouvernements et les infrastructures » de la région.
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