Une soixantaine de brebis d’un même troupeau ont été tuées dans une attaque de loups dans un alpage du Vercors, a-t-on appris mardi auprès de l’éleveur et d’un élu local évoquant « un chiffre jamais vu a priori pour une attaque en plein air ».
Au total, 64 bêtes ont été retrouvées mortes et une vingtaine sont portées disparues, a confirmé à l’AFP l’éleveur, Sébastien Robert, qui avait fait état de ce bilan à la radio Ici et au Dauphiné Libéré.
L’attaque s’est produite dans la nuit du 30 au 31 août sur les hauteurs de la commune de Bouvante (Drôme), dans le Vercors, où le troupeau de 580 bêtes était en alpage.
« Un tel massacre en une seule fois, c’est un chiffre jamais vu a priori pour une attaque en plein air », a affirmé le maire d’Oriol-en-Royans, commune où réside l’éleveur, Jean-Jacques Dallon.
Avec d’autres élus locaux et le représentant des Jeunes agriculteurs, il a rencontré l’éleveur mardi matin.
L’hypothèse a été émise que dans ce cas-là, il puisse s’agir « de mâles apprenant aux jeunes à chasser, ce qui explique le caractère très meurtrier », a ajouté M. Dallon, relevant que les brebis n’ont pas été mangées.
« Il s’agit bien d’une attaque de loup selon le constat, mais rien ne permet de dire que des jeunes loups étaient présents », a cependant indiqué la direction de l’Office français de la biodiversité (OFB) à l’AFP.
« Nous disons depuis une décennie qu’il faut réguler le loup beaucoup plus que ça. Ce n’est plus possible, là… Tous les trois jours, nous avons des attaques dans le Vercors et les Baronnies! », a également lancé l’élu.
En France, l’abattage de loups est encadré par la loi. Il est interdit en milieu naturel, sauf aux fins de défense des troupeaux. Une procédure est définie pour les « tirs de prélèvement », c’est-à-dire indépendamment de l’attaque d’un troupeau en cours. Un nombre maximum de loups pouvant être abattu est fixé chaque année, sur une population estimée à un peu plus d’un millier d’individus.
Les territoires fréquentés par le loup se sont continuellement étendus en dix ans, passant de moins de 10 départements à plus de 60, et leurs attaques sont un sujet sensible sur fond de colère agricole.
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