L’essayiste Samuel Fitoussi affirme vendredi faire partie du « projet collectif » derrière le compte anonyme « Balance ton Claude » qui a accusé l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien d’avoir utilisé l’intelligence artificielle pour écrire son roman « C’était ça ou mourir ».
« Je n’étais pas seul » derrière ce compte, a expliqué sur le réseau social X Samuel Fitoussi, par ailleurs chroniqueur au Figaro. « Il s’agissait d’un projet collectif. Les autres révéleront leur identité en temps voulu s’ils le souhaitent », a-t-il précisé.
Thélyson Orélien, qui a remporté lundi le prix du roman Fnac et figure dans les sélections de plusieurs autres récompenses comme le Goncourt, a été mis en cause lundi par ce compte, jusqu’alors confidentiel.
Interrogé à plusieurs reprises ces derniers jours par l’AFP sur son implication dans cette polémique, Samuel Fitoussi, qui avait été une des premières personnes à republier le message qui en est à l’origine, avait assuré ne pas être derrière ce compte.
Contacté à nouveau par l’AFP vendredi matin, il n’était pas joignable.
Le chroniqueur a indiqué sur X « redouter qu’après plusieurs millénaires de civilisation fondée sur l’écrit, l’IA provoque la disparition de la lecture et de l’écriture » et assuré que le projet « Balance ton Claude » était né de ces « préoccupations ».
« Ni les idées politiques d’Orélien ni le thème de son livre ne nous importaient », a-t-il poursuivi, alors que « C’était ça ou mourir » raconte le périple à travers douze pays d’un professeur d’histoire-géographie qui fuit son pays englué dans la violence des gangs.
« À tous ceux qui nous reprochent d’avoir nui à Orélien, pensez plutôt à l’auteur qui a passé des centaines d’heures sur son manuscrit pour écrire un magnifique livre, qui aurait mérité le Goncourt, et qui ne l’aurait pas eu », a-t-il insisté.
Le romancier de 38 ans, qui participait jeudi au festival de littérature de la ville de Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) a dénoncé jeudi auprès de l’AFP une « volonté » de le « faire taire ».
A ces accusations d’avoir eu recours à une IA, s’étaient ajoutées mercredi des allégations de plagiat au Canada pour des textes publiés il y a plus de dix ans.
Son éditeur canadien (les éditions du Boréal) a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi la suspension de la tournée promotionnelle de son roman. L’écrivain a en outre été exclu de la programmation d’un salon du livre organisé au Québec, le Salon du Livre de l’Estrie.
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