Si on veut, on peut: les pays désireux de réduire la production mondiale de plastique, qui se heurtent à l’opposition des Etats pétroliers dans les différentes négociations internationales, auraient déjà un impact notable sur la pollution plastique s’ils étaient les seuls à agir, affirme une ONG jeudi.
Les seuls pays « ambitieux » en matière de lutte contre la pollution plastique, dont l’Union européenne ou le Canada, pourraient contribuer à réduire la production de 16 à 18% par rapport à la tendance actuelle d’ici 2040, s’ils réduisaient ensemble leur production et leur consommation de plastique, assure une étude de l’ONG Environmental Investigation Agency (EIA).
« Des coalitions peuvent s’unir » pour « réduire de manière significative la pollution plastique et les émissions » de gaz à effet de serre, assure Christina Dixon, de l’ONG basée à Londres.
En ajoutant la Chine à ces « ambitieux », parmi lesquels également beaucoup de pays d’Amérique latine, d’Afrique et des îles, la baisse de la production pourrait même atteindre 38%. La Chine est en effet un très important producteur de matière plastique.
La communauté internationale a tenté de s’entendre sur un traité concernant la pollution plastique. Mais les dernières négociations en août 2025 ont échoué, en raison de l’opposition des grands acteurs de la pétrochimie et d’Etats pétroliers, au premier rang desquels les Etats-Unis, premier producteur mondial de pétrole et grand consommateur de plastique.
Attendre un hypothétique consensus « risque d’ancrer davantage les dommages actuels », alors que « la voie vers la transformation existe déjà pour ceux qui sont prêts à prendre les devants », estime Tanzir Chowdhury, de l’entreprise de conseils spécialisée dans le développement durable Eunomia, qui a planché sur les hypothèses de réduction de l’utilisation de plastique à la demande de l’EIA.
Si rien n’est fait, la production de plastique pourrait atteindre 766 millions de tonnes en 2040, générant 621 millions de tonnes de déchets et entraînant 110 millions de tonnes de déchets mal gérés, estime-t-elle.
EIA estime que le problème de la pollution plastique ne pourra être réglé uniquement avec le recyclage, une meilleure gestion des déchets ou des produits mieux conçus, mais qu’il est nécessaire de réduire la production de la matière première plastique.
« Un contrôle de la production de plastique n’est pas une option mais une condition nécessaire » pour respecter les divers engagements climatiques, insiste l’ONG.
Une option à laquelle le puissant secteur de la pétrochimie est fermement opposé.
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