Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a reconnu vendredi avoir prononcé une phrase « malheureuse » mercredi au sujet d’une taxation du carburant élevée en France, dont il avait dit qu’elle « ne l’empêche pas de dormir ».
« C’est une expression malheureuse que je regrette sincèrement d’avoir prononcée », a déclaré le ministre sur franceinfo.
Il a « présenté ses excuses si certains ont été choqués » par ces propos qui avaient été dénoncés par Marine Le Pen, candidate RN à la présidentielle, déclenchant une polémique.
M. Lescure a remis la phrase dans le contexte « d’un débat assez long sur les taxes sur l’énergie » à l’Assemblée nationale, notant que « personne ne l’a relevée dans l’hémicycle » sur le coup.
La transcription officielle du débat note cependant des « exclamations sur les bancs du groupe RN ».
M. Lescure a précisé qu’en se rasseyant il avait pensé : « Tu aurais sans doute pu dire la même chose de manière différente », car il s’était rendu compte que sa phrase « pouvait être perçue » comme une déconnexion avec les soucis financiers des Français.
Il a assuré qu’au contraire « ce qui le tient éveillé » actuellement est de trouver des solutions pour faire baisser le prix du carburant, via la libération de stocks stratégiques ou les chèques grand rouleur.
Il a regretté « la polémique » autour de cette affaire, souhaitant « qu’on comprenne qu’en mettant la lumière sur les phrases – parfois malheureuses – on oublie l’essentiel » et on entraîne « le débat à la surface plutôt qu’en profondeur ».
Mercredi après-midi, pendant une discussion animée avec les députés où étaient évoqués les prix du carburant lors de l’examen du projet de loi de Finances pour 2027, M. Lescure avait convenu que « les prix de l’essence sont plus élevés en France qu’ailleurs ».
« La raison essentielle, c’est qu’on taxe plus qu’ailleurs, moi ce n’est pas une taxe qui m’empêche de dormir – je sais que ça en empêche de dormir d’autres – ça permet de financer plein d’infrastructures, c’est très bien », s’était-il réjoui.
MmeLe Pen avait aussitôt rebondi sur cette phrase : « Sachez, M. Lescure, que (ces taxes) empêchent des millions de travailleurs, d’entrepreneurs, de retraités et de familles de dormir et même de vivre. Votre dédain est insupportable », avait-elle posté sur X.
Dès jeudi matin, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait reconnu que le propos de Roland Lescure était « maladroit sur la forme ».
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