La Vénétie, région du nord-est de l’Italie, a déclaré jeudi l’état d’urgence en raison de la sécheresse qui la frappe, la Lombardie voisine s’inquiétant elle des conséquences du manque d’eau sur son agriculture.
Les débits des principaux cours d’eau qui irriguent la Vénétie sont inférieurs à la moyenne « de façon significative », a indiqué dans un communiqué la région de Venise, faisant état de précipitations en baisse de 28% depuis janvier par rapport à 2025.
Le président de la région, Alberto Stefani, a exhorté les collectivités à « une utilisation plus économe et durable des ressources en eau » et appelé les syndicats d’agriculteurs à en faire de même en raison « du risque éventuel d’aggravation des problèmes de pénurie d’eau pendant les périodes d’irrigation les plus intenses », en juillet et en août.
Le Pô, principal fleuve italien qui traverse notamment la Lombardie et la Vénétie, est passé depuis plusieurs semaines sous les 300 mètres cubes par seconde, loin de sa moyenne de juin. A son embouchure, le débit du fleuve est devenu tellement faible que l’eau salée l’a remonté sur 20 kilomètres.
Les lacs préalpins (Majeur, Garde) qui irriguent la vallée n’étaient eux remplis en moyenne qu’à 56% au 30 juin, en nette baisse sur les dernières semaines.
L’ordonnance prise par le président de la région Vénétie prévoit la possibilité d’interdire ou de limiter dans certaines communes « l’irrigation et l’arrosage des potagers, jardins, espaces verts et pelouses » ainsi que « le lavage des cours et des esplanades, le lavage privé de véhicules à moteur » ou encore « le remplissage des piscines ».
La région Lombardie, située plus haut sur le Pô, a indiqué jeudi qu’elle disposait de réserves d’eau pour 15 jours encore, de quoi assurer les premières récoltes de maïs et de riz.
A l’issue d’une table ronde à laquelle participaient des agriculteurs à Milan, chef-lieu de la Lombardie, le conseil régional a prévenu que l’irrigation serait de nouveau limitée dans les prochains jours.
La région s’est aussi mise d’accord avec les exploitants de centrales hydroélectriques pour qu’ils laissent passer plus d’eau dans le lac de Côme.
Après la mi-juillet, s’il ne pleut pas assez, ce coeur agricole de l’Italie envisage de déroger aux flux minimaux des fleuves, pour éviter une sécheresse destructrice semblable à celle de 2022, mais avec de potentielles conséquences pour l’environnement.
« Si on n’avait pas géré cette situation ensemble avec ces tables rondes, chacun aurait pris son eau et nous ne serions probablement pas arrivés à la première récolte », a souligné le conseiller régional à l’eau et à l’énergie, Massimo Sertori.
Les réserves d’eau sont inférieures de 36% à la moyenne, une situation toutefois moins catastrophique qu’en 2022, a relevé le conseiller.
L’Italie a été touchée par la récente vague de chaleur qui a frappé une partie de l’Europe.
Le nord du pays a cependant connu depuis mercredi une baisse des températures et des précipitations qui se sont étendues jeudi à d’autres régions.
Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion d’énergies fossiles par les humains.
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