La Commission européenne prévoit de présenter « d’ici la fin de l’année » une liste d’une dizaine de molécules chimiques jugées particulièrement « critiques » devant bénéficier d’un soutien accru, notamment utilisées dans « la défense, la santé ou les industries vertes », a déclaré Stéphane Séjourné jeudi devant les industriels de la chimie.
Le commissaire européen à l’industrie a indiqué lors de l’assemblée générale de l' »alliance pour les produits chimiques critiques » (Critical Chemicals Alliance, CCA) que l’exécutif européen « présentera d’ici la fin de l’année » cette liste d’une « dizaine de molécules » à soutenir plus particulièrement.
« La chimie est la mère de toutes les industries et l’Europe ne la laissera pas tomber », a assuré Stéphane Séjourné lors de cette réunion organisée à Creutzwald, en Moselle, tout près de la frontière allemande.
Les différentes parties prenantes du secteur européen de la chimie, longtemps place forte industrielle en prise aujourd’hui avec une forte concurrence internationale et un coût élevé de l’énergie, avaient été rassemblées par l’UE pour s’entendre sur les productions chimiques et molécules les plus critiques pour l’économie européenne.
Les membres de cette alliance dominée par les industriels, dont des grands noms comme Arkema, TotalEnergies, BASF, Evonik, Syensqo ou Ineos, ont arrêté une liste qui « compte aujourd’hui une cinquantaine de molécules », a observé Stéphane Séjourné.
Mais le rôle de la Commission est de « cibler les molécules qui sont les plus critiques afin de prioriser nos actions », notamment les molécules « utilisées dans les secteurs stratégiques comme la défense, la santé ou encore les industries vertes », et celles qui « sont considérées comme des molécules plateformes dont tant de chaînes de valeurs dépendent », a-t-il dit.
Le 1er octobre, l’ONG environnementale Bureau européen de l’environnement (EEB), avait annoncé claquer la porte de cette « alliance », estimant qu’elle allait « préserver la production actuelle de produits chimiques, y compris ceux dangereux, fortement émetteurs et dépendants des énergies fossiles, plutôt que d’engager la transformation dont l’Europe a besoin ».
Confronté à une forte concurrence chinoise, le secteur de la chimie européen, qui consomme beaucoup de gaz et transforme des produits issus du pétrole, est aussi confronté au renchérissement du prix des énergies fossiles en raison de la guerre au Moyen-Orient.
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