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RÉSUMÉ
Dans le contexte énergétique actuel, la production de l’hydrogène est un sujet qui porte à débat. Il apparaît comme une très bonne alternative aux énergies fossiles cependant, sa production est encore, pour des raisons économiques, majoritairement issue du vaporeformage d’énergies fossiles. Cette technique de vaporeformage, même si elle est la plus rentable, conduit à de l’hydrogène gris dit carboné qui au mieux peut devenir bleu après décarbonation. Il faut donc trouver une alternative permettant de produire de l’hydrogène vert à coût raisonnable (concurrentiel à celui de l’hydrogène gris) et parmi les technologies possible l’électrolyse de l’eau apparaît comme une alternative prometteuse. Toutefois, des progrès en recherche fondamentale sont encore nécessaires afin de mieux comprendre le potentiel de cette technique et d’envisager son développement pour de la production de masse.
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Johnny DESCHAMPS : Professeur - Unité Chimie et Procédés (UCP), École nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA Paris), Palaiseau, France
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Laurent CATOIRE : Professeur - Unité Chimie et Procédés (UCP), École nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA Paris), Palaiseau, France
INTRODUCTION
L’hydrogène est considéré comme un atout majeur de la transition énergétique. En termes d’énergie il possède un pouvoir calorifique inférieur (PCI) presque trois fois supérieur à celui de l’essence et permet de stocker massivement de l'énergie sur de longues périodes de temps. Il peut être alors utilisé pour de multiples besoins tels que les processus industriels, la production de chaleur ou encore pour des applications à caractère énergétique, mobiles ou stationnaires, au moyen de piles à combustible ou par combustion directe.
L’hydrogène apparaît donc comme une très bonne alternative aux énergies fossiles cependant, avant cela il doit être produit de manière durable, c’est-à-dire au moyen de procédés verts et surtout à coût « raisonnable », c’est-à-dire concurrentiel au marché actuel des énergies fossiles. Cette problématique technico-économique inhérente à la production et à l’utilisation de l’hydrogène est d’ailleurs au cœur du plan de relance Hydrogène français et fait partie intégrante du Programme et Équipement Prioritaire de Recherche (PEPR-H2) hydrogène décarboné programmé sur la décennie 2020-2030.
Malgré tout cela, la production de l’hydrogène est encore, pour des raisons économiques, majoritairement issue du vaporeformage d’énergie fossile qui conduit à la production de 10 kg de dioxyde de carbone pour 1 kg d’hydrogène produit. Cette technique de vaporeformage, même si elle est la plus rentable, conduit alors à de l’hydrogène gris dit carboné qui au mieux peut devenir bleu après décarbonation. Il faut donc trouver une alternative permettant de produire de l’hydrogène vert à coût concurrentiel à celui de l’hydrogène gris et, parmi les technologies possibles, l’électrolyse apparaît comme une alternative prometteuse. Cette technique est très intéressante dans la mesure où son empreinte carbone est nulle lorsque l’électricité injectée dans l’électrolyseur est non carbonée. Différentes technologies d’électrolyseur, se distinguant par leur électrolyte et leur température de fonctionnement, sont alors disponibles, à des degrés TRL (Technology Readiness Level) divers. Toutefois, des progrès en recherche fondamentale sont encore nécessaires afin de mieux comprendre le potentiel de cette technique et d’envisager son développement pour de la production de masse.
Dans cet article, les différentes techniques d’électrolyse à basse température (alcaline et à membrane échangeuse de protons (PEM)) et à haute température (HT) sont présentées. Leurs performances et leurs conditions opératoires sont comparées dans le cadre d’une approche système et les verrous technico-économiques sont alors mis en avant.
MOTS-CLÉS
Hydrogène vert Membrane échangeuse de protons électrolyse basse température électrolyse haute tempéraure
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5. Conclusion
Le volet production est un des verrous majeurs de la filière hydrogène. Afin d’envisager un développement viable de la filière sur le long terme il est important de produire de l’hydrogène vert en grandes quantités. Si cela semble simple en théorie, il en est tout autrement dans la réalité. Pour des raisons économiques et de rentabilité, l’hydrogène est produit en majorité par vaporeformage d’hydrocarbures fossiles. Un des problèmes majeurs de cette technologie est qu’elle est très polluante et qu’elle produit, d’un point de vue massique, plus de dioxyde de carbone (CO2) qu’elle ne produit d’hydrogène. L’hydrogène produit est alors défini comme gris voire bleu s’il est décarboné. Il est à noter que la philosophie de la filière hydrogène est de produire de l’hydrogène à partir d’eau, pas à partir d’hydrocarbures, afin de supprimer les émissions ou le stockage du dioxyde de carbone. Il est alors primordial de produire de l’hydrogène à un coût concurrentiel à celui des méthodes de transformation thermochimique des énergies fossiles si l’on veut que l’hydrogène devienne l’énergie verte du futur ! Face à cela, l’électrolyse de l’eau avec ses variantes à basse et haute température est, de par son efficacité énergétique, la méthode la plus avancée parmi les méthodes connues de production d’hydrogène vert.
L’électrolyse alcaline est, face à l’électrolyse à membrane échangeuse de protons (PEM), la technologie, basse température, la plus mature et la moins chère. Cependant, les électrolyseurs PEM offrent une densité de courant plus élevée (à tension de cellule équivalente) que les électrolyseurs alcalins, une meilleure efficacité énergétique (à densité de courant équivalente) ainsi qu’une meilleure compacité. Ils possèdent aussi une réactivité rapide afin de mieux répondre aux exigences de fonctionnement (besoins du réseau électrique ou contraintes d’usage avales) et supportent, mieux que les électrolyseurs alcalins, les variations de puissance électrique. Cela les rend ainsi parfaitement adaptés aux couplages avec des sources d’énergie renouvelable. L’hydrogène produit par voie PEM est aussi beaucoup plus pur, que celui produit par voie alcaline, et répond aux standards des piles à combustibles basses...
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BIBLIOGRAPHIE
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