Contactez-nous
Aspects sécurité – enclenchements
Signalisation et automatisme ferroviaire
TRP3313 v1 Article de référence

Aspects sécurité – enclenchements
Signalisation et automatisme ferroviaire

Auteur(s) : Jacques PORÉ

Date de publication : 10 juin 2026

Logo Techniques de l'Ingenieur Cet article est réservé aux abonnés
Pour explorer cet article plus en profondeur Consulter l'extrait gratuit

Déjà abonné ?

Présentation

1 - Différents segments de marché – besoins – solutions

2 - Aspects sécurité – contexte

3 - Aspects sécurité – détection des trains

4 - Aspects sécurité – aiguillages – passages à niveau (PN)

5 - Aspects sécurité – enclenchements

6 - Aspects sécurité – différents block-systèmes et signaux

7 - Aspects sécurité – contrôles de vitesse (« KV ») des grandes lignes conventionnelles

8 - Aspects sécurité – signalisation des LGV

9 - Aspects sécurité – contrôles de vitesse et pilotages automatiques (KV et PA) des métros

10 - Aspects sécurité – automatismes GoA2-3-4 métros vs grandes lignes

11 - Aspects exploitation – commandes centralisées

12 - Évolution des technologies

13 - Coûts de la signalisation

14 - Conclusion

15 - Glossaire

16 - Sigles, notations et symboles

Sommaire

Présentation

RÉSUMÉ

La signalisation ferroviaire regroupe les dispositifs assurant la sécurité de la circulation des trains via leur détection, la gestion des intervalles et la sécurisation des itinéraires. Cet article propose une vision complète de la signalisation ferroviaire. Il présente les différents marchés dans le monde, détaille les fonctions, produits et systèmes, les spécificités des grandes lignes, dont celles des lignes à grande vitesse, et les différences avec les métros. Sont abordés également le sujet des trains autonomes, ainsi que les commandes centralisées, sans oublier quelques indications sur les coûts.

Lire cet article issu d'une ressource documentaire complète, actualisée et validée par des comités scientifiques.

Lire l’article

Auteur(s)

  • Jacques PORÉ : Hon-FIRSE (Honorary Fellow of the Institution of Railway Signal Engineers), retraité - Alstom, France

INTRODUCTION

La pertinence durable du rail, annoncée dès le XXe siècle par Louis Armand, ancien directeur général de la SNCF, semble toujours vraie. Après avoir été concurrencé par la route et l’aérien, le train demeure aujourd’hui une solution de transport particulièrement adaptée, aussi bien pour les longues distances que pour les déplacements urbains. Face à l’engorgement des villes et des grands axes, il conserve un avantage décisif. Surtout, le rail se distingue par son excellente performance environnementale, étant beaucoup moins polluant et moins énergivore que la voiture ou l’avion.

Pour que les trains puissent circuler en toute sécurité vis-à-vis de leur environnement, et les uns vis-à-vis des autres, il est nécessaire et obligatoire que des protections soient mises en place via la signalisation ferroviaire. L’essentiel des principes de la signalisation ferroviaire sont génériques, applicables dans tous les pays, et pour tous les modes où le rail trouve sa pertinence ; c’est-à-dire pour les métros et tramways au niveau des transports urbains (appelés aussi « mass transit »), ainsi que pour les lignes régionales, secondaires et les lignes à grande vitesse (LGV où V > 200 km/h) ou très grande vitesse (LGV où V > 250 km/h). Ils concernent aussi le trafic des marchandises (« fret ») qui reste florissant dans plusieurs pays comme en Allemagne ou en Suisse, ainsi qu’en Amérique du Nord et du Sud, en Chine, en Inde, etc. Dans tous ces domaines, la signalisation est la garante de la sécurité de l’exploitation.

En matière de sécurité, le transport ferroviaire (et aérien) est environ 75 fois plus sûr que le transport routier, selon une comparaison établie à l’échelle internationale à partir de l’indicateur « milliard de voyageurs (ou tonnes) × kilomètres ». En France, cette performance se traduit concrètement par l’absence de décès liés au non-respect des signaux ou des vitesses sur le réseau ferroviaire depuis la généralisation du KVB (contrôle de vitesse par balises), tandis que la route continue de provoquer des dizaines de milliers de morts sur une même période.

Le mode ferroviaire étant basé sur l’utilisation de roues en acier roulant sur des rails en acier, il présente une faible adhérence. Cela implique de très bonnes performances en terrain plat, mais des besoins efficaces de traction et de freinage dès qu’une rampe se présente. On parle d’ailleurs en « pour mille » pour les pentes des voies ferrées : une voie ferrée à 30 ‰ (donc 3 %) étant quasiment une ligne de montagne. En outre, un train roule « en aveugle », c’est-à-dire que ses distances d’arrêt sont très supérieures à la vision humaine et à ce que l’on rencontre sur la route. Pour un TGV roulant à 300 km/h, la distance d’arrêt est supérieure à 3 km. C’est l’un des rôles de la signalisation : permettre des circulations totalement sûres compte tenu de ces différents types de conditions.

Rappelons que les chemins de fer, quels qu’ils soient, forment chacun un système, même s’il y a des différences entre un système de métro et celui d’un tramway, entre un système à grande vitesse et celui de lignes régionales ou à faible trafic. Dans tous les cas, le système ferroviaire marie au plus juste ses différents composants qui sont principalement au nombre de quatre :

  • l’infrastructure avec la plateforme des voies, les voies elles-mêmes avec leur rails, traverses, ballast… l’alimentation électrique le cas échéant (sous-stations, caténaires ou troisièmes rails…), les ouvrages d’art, les gares ou stations… ;

  • les matériels roulants avec les engins de traction, les matériels remorqués (voitures pour les voyageurs, wagons pour les marchandises) et les installations nécessaires à leur maintenance et à leurs garages… ;

  • la signalisation et les moyens de communication ;

  • et enfin l’exploitation en elle-même avec ses personnels, tous dûment formés à leur métier.

La spécificité du système ferroviaire repose sur le fait qu’il est structuré par de grands acteurs intégrés – Alstom, Siemens et l’ensemble des entreprises chinoises regroupées et dirigées par la MOR (le Ministry of Railways) – tous capables de prendre en charge l’ensemble des composantes, de l’infrastructure à l’exploitation.

Dans le système ferroviaire, la signalisation est le « parachute ». Elle regroupe l’ensemble des produits, des systèmes et des agents qui assurent la sécurité en toutes circonstances, quelles que soient les conditions météorologiques ou la situation, y compris en cas de panne ou de dysfonctionnement. Et bien entendu aussi avec les systèmes de plus en plus automatisés comme les métros exploités sans conducteur ni aucun personnel de l’exploitant à bord. Qui dit système, dit encore, par exemple, que les meilleurs trains avec la meilleure signalisation ne conviendraient pas du tout si l’infrastructure utilisée n’était pas adaptée. La cohérence des différents composants est donc indispensable, du tramway au train à grande vitesse.

Logo Techniques de l'Ingenieur

Cet article est réservé aux abonnés.
Il vous reste 94 % à découvrir.

Pour explorer cet article Consulter l'extrait gratuit

Déjà abonné ?


DOI (Digital Object Identifier)

https://doi.org/10.51257/a-v1-trp3313

Article inclus dans l'offre

"Systèmes ferroviaires"

(62 articles)

Une base complète d’articles

Actualisée et enrichie d’articles validés par nos comités scientifiques.

Des contenus enrichis

Quiz, médias, tableaux, formules, vidéos, etc.

Des modules pratiques

Opérationnels et didactiques, pour garantir l'acquisition des compétences transverses.

Des avantages inclus

Un ensemble de services exclusifs en complément des ressources.

Voir l'offre

5. Aspects sécurité – enclenchements

Tout d’abord il convient de définir ce que sont un enclenchement et un poste d’aiguillage (figure 16). En termes ferroviaires, un enclenchement, (interlocking en anglais) est « un dispositif destiné à subordonner le fonctionnement d’un appareil à l’état ou à la position d’un ou de plusieurs autres » (Dictionnaire Larousse).

Quant au poste d’aiguillage (signal box en anglais), il regroupe les fonctions d’enclenchement d’une gare ou d’une partie de gare, voire d’une zone plus importante. Ceci va nécessiter d’acquérir et de traiter beaucoup d’informations, relevant toutes « de sécurité ». À noter que lorsqu’on parle à la SNCF de poste d’aiguillage, à la RATP et pour les métros on parle de « poste de manœuvre ».

En termes SNCF, le fonctionnement d’un poste d’aiguillage quel qu’il soit, ancien ou moderne, c’est-à-dire aussi bien purement mécanique (comme aux débuts des chemins de fer dès les années 1860-1870) qu’électromécanique (c’est-à-dire à relais), puis électronique et enfin informatique, met en œuvre des incompatibilités de position entre les divers équipements de signalisation commandés et contrôlés, garantissant en toutes circonstances la sécurité des circulations. La réalisation de ces incompatibilités s’opère physiquement au moyen d’enclenchements dont les principaux sont :

  • l’enclenchement des aiguilles par zones isolées : celui-ci empêche la manœuvre d’une aiguille lorsqu’un train se trouve sur la zone comprenant cette aiguille ;

  • l’enclenchement de transit qui immobilise l’ensemble des aiguillages d’une zone avant et pendant le passage du train ;

  • l’enclenchement d’approche qui empêche toute modification d’un itinéraire établi à l’approche d’un train dont le conducteur aurait pu voir ouvert le premier signal d’annonce du signal de protection de cet itinéraire ;

  • le contrôle impératif des aiguilles qui vérifie l’immobilisation et le verrouillage éventuel des aiguillages et agit directement sur les signaux ;

  • les enclenchements entre itinéraires de sens contraires qui interdisent l’accès à une certaine partie de voie pour les trains circulant en sens contraire l’un de l’autre ;

  • l’enclenchement...

Logo Techniques de l'Ingenieur

Cet article est réservé aux abonnés.
Il vous reste 94 % à découvrir.

Pour explorer cet article Consulter l'extrait gratuit

Déjà abonné ?


Lecture en cours
Aspects sécurité – enclenchements

Article inclus dans l'offre

"Systèmes ferroviaires"

(62 articles)

Une base complète d’articles

Actualisée et enrichie d’articles validés par nos comités scientifiques.

Des contenus enrichis

Quiz, médias, tableaux, formules, vidéos, etc.

Des modules pratiques

Opérationnels et didactiques, pour garantir l'acquisition des compétences transverses.

Des avantages inclus

Un ensemble de services exclusifs en complément des ressources.

Voir l'offre

Sommaire
Sommaire

BIBLIOGRAPHIE

  • (1) - BENSO (J.-N.), LARRAUFIE (G.), MOENS (G.), PORÉ (J.), SCHÖN (W.) -   Signalisation et automatismes ferroviaires (Railway Signalling & Automation).  -  Tomes 1, 2, 3, Éditions La Vie du Rail (2013).

  • (2) - BENSO (J.-N.), LARRAUFIE (G.), MOENS (G.), PORÉ (J.), SCHÖN (W.) -   Signalisation et automatismes ferroviaires (Railway Signalling & Automation).  -  Tomes 4 et 5, Éditions La Vie du Rail (2023).

NORMES

  • Applications ferroviaires – Spécification et démonstration de la fiabilité, de la disponibilité, de la maintenabilité et de la sécurité (FDMS) des systèmes de signalisation. - NF EN 50126 -

  • Applications ferroviaires – Systèmes de signalisation – Spécification et démonstration FDMS – Partie 1 : processus FMDS générique. - NF EN 50126-1 - 2017

  • Applications ferroviaires – Systèmes de signalisation – Spécification et démonstration FDMS – Partie 2 : approche systématique pour la sécurité. - NF EN 50126-2 - 2018

  • Applications ferroviaires – Signalisation et télécommunication – Logiciels de sécurité. - NF EN 50128 -

  • Applications ferroviaires – Signalisation et télécommunication – Matériels de sécurité. - NF EN 50129 -

Logo Techniques de l'Ingenieur

Cet article est réservé aux abonnés.
Il vous reste 95 % à découvrir.

Pour explorer cet article Consulter l'extrait gratuit

Déjà abonné ?


Article inclus dans l'offre

"Systèmes ferroviaires"

(62 articles)

Une base complète d’articles

Actualisée et enrichie d’articles validés par nos comités scientifiques.

Des contenus enrichis

Quiz, médias, tableaux, formules, vidéos, etc.

Des modules pratiques

Opérationnels et didactiques, pour garantir l'acquisition des compétences transverses.

Des avantages inclus

Un ensemble de services exclusifs en complément des ressources.

Voir l'offre

Ressources documentaires

Apport des technologies au suivi des personnes âgées fragiles

Le vieillissement de la population représente un enjeu sociétal et économique majeur. L'approche ...

Détection de situations de détresse - Capteurs mobiles et d'environnement

La détection automatique de la détresse (chute, malaise, etc.) des personnes âgées à domicile ou en ...

Bioessais et biocapteurs : outils d'analyse des toxines dans l'agroalimentaire

De nombreuses toxines sont susceptibles de contaminer les denrées alimentaires. Parmi ces contaminants, ...

Méthodologies d’implantation de détecteurs fixes de gaz inflammables

La détection fixe de gaz inflammables constitue l’une des barrières ultimes de prévention des risques ...