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RÉSUMÉ
La signalisation ferroviaire regroupe les dispositifs assurant la sécurité de la circulation des trains via leur détection, la gestion des intervalles et la sécurisation des itinéraires. Cet article propose une vision complète de la signalisation ferroviaire. Il présente les différents marchés dans le monde, détaille les fonctions, produits et systèmes, les spécificités des grandes lignes, dont celles des lignes à grande vitesse, et les différences avec les métros. Sont abordés également le sujet des trains autonomes, ainsi que les commandes centralisées, sans oublier quelques indications sur les coûts.
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Jacques PORÉ : Hon-FIRSE (Honorary Fellow of the Institution of Railway Signal Engineers), retraité - Alstom, France
INTRODUCTION
La pertinence durable du rail, annoncée dès le XXe siècle par Louis Armand, ancien directeur général de la SNCF, semble toujours vraie. Après avoir été concurrencé par la route et l’aérien, le train demeure aujourd’hui une solution de transport particulièrement adaptée, aussi bien pour les longues distances que pour les déplacements urbains. Face à l’engorgement des villes et des grands axes, il conserve un avantage décisif. Surtout, le rail se distingue par son excellente performance environnementale, étant beaucoup moins polluant et moins énergivore que la voiture ou l’avion.
Pour que les trains puissent circuler en toute sécurité vis-à-vis de leur environnement, et les uns vis-à-vis des autres, il est nécessaire et obligatoire que des protections soient mises en place via la signalisation ferroviaire. L’essentiel des principes de la signalisation ferroviaire sont génériques, applicables dans tous les pays, et pour tous les modes où le rail trouve sa pertinence ; c’est-à-dire pour les métros et tramways au niveau des transports urbains (appelés aussi « mass transit »), ainsi que pour les lignes régionales, secondaires et les lignes à grande vitesse (LGV où V > 200 km/h) ou très grande vitesse (LGV où V > 250 km/h). Ils concernent aussi le trafic des marchandises (« fret ») qui reste florissant dans plusieurs pays comme en Allemagne ou en Suisse, ainsi qu’en Amérique du Nord et du Sud, en Chine, en Inde, etc. Dans tous ces domaines, la signalisation est la garante de la sécurité de l’exploitation.
En matière de sécurité, le transport ferroviaire (et aérien) est environ 75 fois plus sûr que le transport routier, selon une comparaison établie à l’échelle internationale à partir de l’indicateur « milliard de voyageurs (ou tonnes) × kilomètres ». En France, cette performance se traduit concrètement par l’absence de décès liés au non-respect des signaux ou des vitesses sur le réseau ferroviaire depuis la généralisation du KVB (contrôle de vitesse par balises), tandis que la route continue de provoquer des dizaines de milliers de morts sur une même période.
Le mode ferroviaire étant basé sur l’utilisation de roues en acier roulant sur des rails en acier, il présente une faible adhérence. Cela implique de très bonnes performances en terrain plat, mais des besoins efficaces de traction et de freinage dès qu’une rampe se présente. On parle d’ailleurs en « pour mille » pour les pentes des voies ferrées : une voie ferrée à 30 ‰ (donc 3 %) étant quasiment une ligne de montagne. En outre, un train roule « en aveugle », c’est-à-dire que ses distances d’arrêt sont très supérieures à la vision humaine et à ce que l’on rencontre sur la route. Pour un TGV roulant à 300 km/h, la distance d’arrêt est supérieure à 3 km. C’est l’un des rôles de la signalisation : permettre des circulations totalement sûres compte tenu de ces différents types de conditions.
Rappelons que les chemins de fer, quels qu’ils soient, forment chacun un système, même s’il y a des différences entre un système de métro et celui d’un tramway, entre un système à grande vitesse et celui de lignes régionales ou à faible trafic. Dans tous les cas, le système ferroviaire marie au plus juste ses différents composants qui sont principalement au nombre de quatre :
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l’infrastructure avec la plateforme des voies, les voies elles-mêmes avec leur rails, traverses, ballast… l’alimentation électrique le cas échéant (sous-stations, caténaires ou troisièmes rails…), les ouvrages d’art, les gares ou stations… ;
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les matériels roulants avec les engins de traction, les matériels remorqués (voitures pour les voyageurs, wagons pour les marchandises) et les installations nécessaires à leur maintenance et à leurs garages… ;
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la signalisation et les moyens de communication ;
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et enfin l’exploitation en elle-même avec ses personnels, tous dûment formés à leur métier.
La spécificité du système ferroviaire repose sur le fait qu’il est structuré par de grands acteurs intégrés – Alstom, Siemens et l’ensemble des entreprises chinoises regroupées et dirigées par la MOR (le Ministry of Railways) – tous capables de prendre en charge l’ensemble des composantes, de l’infrastructure à l’exploitation.
Dans le système ferroviaire, la signalisation est le « parachute ». Elle regroupe l’ensemble des produits, des systèmes et des agents qui assurent la sécurité en toutes circonstances, quelles que soient les conditions météorologiques ou la situation, y compris en cas de panne ou de dysfonctionnement. Et bien entendu aussi avec les systèmes de plus en plus automatisés comme les métros exploités sans conducteur ni aucun personnel de l’exploitant à bord. Qui dit système, dit encore, par exemple, que les meilleurs trains avec la meilleure signalisation ne conviendraient pas du tout si l’infrastructure utilisée n’était pas adaptée. La cohérence des différents composants est donc indispensable, du tramway au train à grande vitesse.
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12. Évolution des technologies
Les évolutions technologiques et fonctionnelles en signalisation ferroviaire ont suivi celles rencontrées plus généralement dans les domaines techniques avec, toutefois, des adaptations et, disons-le parfois des retards, le domaine du rail privilégiant toujours la sécurité et la fiabilité de ses équipements plutôt que les innovations en elles-mêmes. Ceci est vrai partout dans le monde et quelles que soient les applications et les besoins, ceux des grandes lignes comme ceux des transports urbains.
En observant les évolutions des postes d’aiguillage, les premiers systèmes d’enclenchements sont apparus dès les années 1840, par exemple avec les premiers postes Vignier en France en 1847, afin d’assurer l’exploitation en toute sécurité en évitant les rattrapages comme les nez-à-nez. Devant la nécessité d’augmenter la capacité des lignes, les postes mécaniques ont vu l’apparition des leviers d’itinéraires autour de 1900. À la création de la SNCF en 1938, il y avait déjà plus de 1 500 postes Saxby en service, une certaine standardisation s’étant faite jour, les anciennes compagnies ayant souvent choisi auparavant des produits d’origines diverses tels que le block Lartigue sur le réseau du Nord ou le block Paul-Ducousso sur les réseaux du sud-ouest, parmi lesquels « PO-Midi », la compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans et du Midi).
Le passage aux postes électromécaniques, c’est-à-dire à relais, est intervenu à partir des années 1940 et a pris une importance considérable dans les années 1950, avec à la clef une amélioration du travail de l’aiguilleur.
La sécurité étant une préoccupation de tous les instants dans le domaine du rail, ces relais de signalisation en France, comme aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Italie, aux Pays-Bas… sont « de sécurité intrinsèque », c’est-à-dire qu’ils sont conçus, chacun d’eux, pour avoir toujours un fonctionnement « sûr », quelles que soient les circonstances, même en cas de panne (figure 42). Par exemple, leurs contacts chutent immédiatement par gravité en cas de coupure de courant ; et la gravité ne tombe jamais en panne ! Dans d’autres pays comme en Allemagne, en Autriche, en Suisse, dans les pays scandinaves… les postes à relais sont tout aussi sûrs mais avec des principes différents où, pour simplifier,...
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BIBLIOGRAPHIE
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(1) - BENSO (J.-N.), LARRAUFIE (G.), MOENS (G.), PORÉ (J.), SCHÖN (W.) - Signalisation et automatismes ferroviaires (Railway Signalling & Automation). - Tomes 1, 2, 3, Éditions La Vie du Rail (2013).
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(2) - BENSO (J.-N.), LARRAUFIE (G.), MOENS (G.), PORÉ (J.), SCHÖN (W.) - Signalisation et automatismes ferroviaires (Railway Signalling & Automation). - Tomes 4 et 5, Éditions La Vie du Rail (2023).
DANS NOS BASES DOCUMENTAIRES
NORMES
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Applications ferroviaires – Spécification et démonstration de la fiabilité, de la disponibilité, de la maintenabilité et de la sécurité (FDMS) des systèmes de signalisation. - NF EN 50126 -
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Applications ferroviaires – Systèmes de signalisation – Spécification et démonstration FDMS – Partie 1 : processus FMDS générique. - NF EN 50126-1 - 2017
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Applications ferroviaires – Systèmes de signalisation – Spécification et démonstration FDMS – Partie 2 : approche systématique pour la sécurité. - NF EN 50126-2 - 2018
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Applications ferroviaires – Signalisation et télécommunication – Logiciels de sécurité. - NF EN 50128 -
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Applications ferroviaires – Signalisation et télécommunication – Matériels de sécurité. - NF EN 50129 -
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