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Comment optimiser son expérience
Caractérisation de matériaux polycristallins par diffraction des rayons X
P1080 v3 Article de référence

Comment optimiser son expérience
Caractérisation de matériaux polycristallins par diffraction des rayons X

Auteur(s) : Sandrine TUSSEAU-NENEZ, Sophie NOWAK

Date de publication : 10 avr. 2026

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Présentation

1 - Principe de la diffraction des poudres

2 - Montages et configurations expérimentales

3 - Préparation des échantillons

4 - Comment optimiser son expérience

  • 4.1 - Alignement
  • 4.2 - Étalonnage
  • 4.3 - Optimisation de la mesure

5 - Description d’un diffractogramme

6 - Identification des phases

7 - Autres données accessibles par diffraction des rayons X sur poudre

8 - Méthodes d’ajustement global du diffractogramme

9 - Conclusion et développements en cours

10 - Glossaire

11 - Sigles, notations et symboles

Sommaire

Présentation

RÉSUMÉ

La diffraction des rayons X sur poudre est une méthode non-destructive largement utilisée dans les mondes académique et industriel, à la faveur de progrès considérables ces 30 dernières années concernant l’instrumentation et le traitement des données. Cet article décrit l’expérience en rappelant le principe et en décrivant les montages actuels. Les éléments-clés de l’analyse sont exposés (préparation de l’échantillon, acquisition des données). Enfin toutes les informations structurales que l’on peut extraire d’un diffractogramme sont détaillées, comme l’identification de phases, la quantification de phases, l’analyse microstructurale, tout en exposant les biais et les limites.

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Auteur(s)

  • Sandrine TUSSEAU-NENEZ : Ingénieure civile de la Défense - Laboratoire de physique de la matière condensée, CNRS, École polytechnique, Institut Polytechnique de Paris, Palaiseau, France

  • Sophie NOWAK : Ingénieure de recherche - Laboratoire ITODYS UMR 7086, Université Paris Cité, Paris, France

INTRODUCTION

Depuis les années 1990, et grâce aux évolutions informatiques, la diffraction des rayons X s’est développée dans les laboratoires académiques et dans l’industrie. L’apparition des premiers diffractomètres de poudre industriels, combinés à la méthode de Rietveld, ont introduit la technique dans les procédures de contrôle des procédés. Les synchrotrons sont à l’origine de nombreux développements instrumentaux [P 2 700], dont nous bénéficions aujourd’hui en laboratoire.

La diffraction des rayons X sur poudre, ou plus généralement sur des matériaux polycristallins, est très fréquemment utilisée : c’est une technique non destructive, peu contraignante pour la préparation des échantillons, et réalisable le plus souvent dans un environnement non spécifique (sous air, à température et pression ambiante).

Elle sert principalement à identifier des matériaux variés, tels que les minéraux, les polymères, les métaux, les ciments, les semi-conducteurs, les céramiques, ou encore les médicaments. Elle est utilisée dans les domaines du patrimoine [P 3 780], de l’énergie [IN 403] et des nanomatériaux [K 70]. Elle permet aussi :

  • de quantifier les phases cristallines ou amorphes en présence ;

  • de mettre en évidence des orientations cristallographiques préférentielles (ou texture) ;

  • de décrire la morphologie, isotrope ou anisotrope, ainsi que la taille des cristallites pour les nanopoudres ;

  • d’identifier et d’estimer la proportion de défauts cristallins (fautes d’empilement dans les matériaux lamellaires, taux de dislocation dans les poudres métalliques, lacunes, etc.).

On peut aussi, à partir d’un diffractogramme de poudre, résoudre la structure cristallographique d’une phase, par exemple dans le cas où l’obtention d’un monocristal supérieur à quelques centaines de μm est trop difficile ([M 4 795] détaille le cas des MOFs) .

Outre la diffraction des rayons X sur poudre (souvent notée PXRD pour Powder X-Ray Diffraction), les techniques de diffraction et de diffusion couramment utilisées en laboratoire sont :

  • la diffraction sur monocristaux (SCD) [P 1 076] ;

  • la diffraction des rayons X haute résolution (HRXRD) [P 1 085] ;

  • la réflectométrie des rayons X (XRR) pour caractériser l’épaisseur, la densité et rugosité de couches minces [P 1 085] ;

  • plus récemment, la diffusion des rayons X à bas angles (SAXS pour Small Angle X-ray Scattering) .

Cet article vise à établir un état de l’art sur la technique de diffraction des rayons X sur poudre, et à mettre en évidence les considérables avancées technologiques et méthodologiques des vingt dernières années, que ce soit pour la collecte des données ou le traitement des diffractogrammes. Le lecteur pourra se reporter à [A 1 305] pour des notions plus poussées de cristallographie (symétries, indice de Miller, projection stéréographique, etc.), ainsi qu’aux ouvrages de référence d’A. Guinier et de P. Gravereau .

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DOI (Digital Object Identifier)

https://doi.org/10.51257/a-v3-p1080

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4. Comment optimiser son expérience

4.1 Alignement

La précision angulaire est fondamentale pour l’exploitation d’un diffractogramme. On peut faire un réglage en faisceau direct : on s’assure que lorsque la source et le détecteur sont face à face, l’angle est égal à zéro. On peut aussi utiliser un échantillon de référence, comme une pastille de poudre de silicium (§ 4.2), et calibrer l’équipement de telle sorte que les positions des pics du standard correspondent exactement aux positions théoriques attendues (Δ2θ0,08°) .

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4.2 Étalonnage

L’étalonnage, ou calibration du diffractomètre pour en vérifier les performances, nécessite l’utilisation de matériaux certifiés, appelés étalons ou matériaux standards de référence (SRM, pour Standard Reference Materials). Ceci est particulièrement important dans les environnements réglementés tels que ceux rencontrés dans l’industrie (pharmacie, ciment, etc.). Les étalons doivent être stables dans le temps et faciles à préparer.

Le National Institute for Standards and Technology (NIST), aux États-Unis, propose des étalons, répertoriés dans le tableau 1. Leurs coûts sont élevés, mais la pureté du produit et les paramètres de maille (et par conséquence les positions des raies) sont garantis (par exemple pour LaB6 – ref. 660c – a = 0,415 682 6 nm ± 0,000 008 nm à 22,5 °C). On peut se procurer ces étalons ailleurs, mais il est alors nécessaire de bien les valider.

Ces étalons ont pour objectif de définir la réponse instrumentale due au choix des optiques, en termes de position, largeur et intensité des raies dans toute la gamme angulaire possible. Les fournisseurs de diffractomètre fournissent une plaque de référence, en silicium ou en alumine frittée, qui...

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Sommaire
Sommaire

BIBLIOGRAPHIE

  • (1) - CUOCCI (C.), CORRIERO (N.), BALDASSARRE (F.), DELL’AERA (M.), FALCICCHIO (A.), RIZZI (R.) -   Advanced perspectives in the EXPO software for solving crystal structures from powder diffraction data.  -  Journal of Applied Crystallography, 55, p. 411-419 (2022).

  • (2) - LI (T.), SENESI (A.J.), LEE (B.) -   Small Angle X-Ray Scattering for Nanoparticle Research.  -  Chemical Reviews, 116(18), p. 11128-11180 (2016).

  • (3) - JEFFRIES (C.M.), ILAVSKY (J.), MARTEL (A.), HINRICHS (S.), MEYER (A.), PEDERSEN (J.S.), SOKOLOVA (A.V.), SVERGUN (D.I.) -   Small-angle X-ray and neutron scattering.  -  Natural Review Methods Primers, 1, 70 (2021).

  • (4) - GUINIER (A.) -   Théorie et technique de la radiocristallographie.  -  Dunod (1956).

  • (5) - GUINIER (A.) -   Les Rayons X.  -  Presses universitaires de France, Que sais-je ? (1984).

  • ...

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