La pertinence durable du rail, annoncée dès le XX
e
siècle
par Louis Armand, ancien directeur général de la SNCF, semble toujours
vraie. Après avoir été concurrencé par la route et l’aérien, le train
demeure aujourd’hui une solution de transport particulièrement adaptée,
aussi bien pour les longues distances que pour les déplacements urbains.
Face à l’engorgement des villes et des grands axes, il conserve un
avantage décisif. Surtout, le rail se distingue par son excellente
performance environnementale, étant beaucoup moins polluant et moins
énergivore que la voiture ou l’avion.
Pour que les trains puissent circuler en toute sécurité vis-à-vis
de leur environnement, et les uns vis-à-vis des autres, il est nécessaire
et obligatoire que des protections soient mises en place via la signalisation
ferroviaire. L’essentiel des principes de la signalisation ferroviaire
sont génériques, applicables dans tous les pays, et pour tous les
modes où le rail trouve sa pertinence ; c’est-à-dire pour les métros
et tramways au niveau des transports urbains (appelés aussi «
mass
transit
»), ainsi que pour les lignes régionales, secondaires
et les lignes à grande vitesse (LGV où
V
> 200 km/h) ou très
grande vitesse (LGV où
V
> 250 km/h). Ils concernent aussi
le trafic des marchandises (« fret ») qui reste florissant dans plusieurs
pays comme en Allemagne ou en Suisse, ainsi qu’en Amérique du Nord
et du Sud, en Chine, en Inde, etc. Dans tous ces domaines, la signalisation
est la garante de la sécurité de l’exploitation.
En matière de sécurité, le transport ferroviaire (et aérien) est
environ 75 fois plus sûr que le transport routier, selon une comparaison
établie à l’échelle internationale à partir de l’indicateur « milliard
de voyageurs (ou tonnes) × kilomètres ». En France, cette performance
se traduit concrètement par l’absence de décès liés au non-respect
des signaux ou des vitesses sur le réseau ferroviaire depuis la généralisation
du KVB (contrôle de vitesse par balises), tandis que la route continue
de provoquer des dizaines de milliers de morts sur une même période.
Le mode ferroviaire étant basé sur l’utilisation de roues en acier
roulant sur des rails en acier, il présente une faible adhérence.
Cela implique de très bonnes performances en terrain plat, mais des
besoins efficaces de traction et de freinage dès qu’une rampe se présente.
On parle d’ailleurs en « pour mille » pour les pentes des voies ferrées :
une voie ferrée à 30 ‰ (donc 3 %) étant quasiment une ligne de montagne.
En outre, un train roule « en aveugle », c’est-à-dire que ses distances
d’arrêt sont très supérieures...