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A quand des champs de Stévia en France ?

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

Malgré un pouvoir sucrant exceptionnel, la Stévia peine à s’imposer face à l’aspartame.

Rangez la boite à sucre et mettez une feuille de Stévia dans votre café. Vous pourrez profiter du goût du sucré sans risquer une carie.  La Stévia Rebaudiana de son vrai nom est une super-plante au super pouvoir sucrant jusqu’à 300 fois supérieur à celui du saccharose. Malgré cet atout de poids, la Stevia reste un produit de niche, boudé par l’Europe. Interdite jusqu’en 2009, la Stévia est autorisée sous forme de poudre utilisée comme additif alimentaire. Mais seuls les extraits purifiés de rébaudioside A, un stéviol glycoside, sont concernés. Ce n’est qu’en 2011 que l’Union Européenne permet la commercialisation de toutes les molécules sucrantes de la Stévia. 

De consommation courante au Brésil, au Japon et en Chine, la Stévia y profite de l’interdiction des édulcorants de synthèse pour s’imposer comme alternative au sucre. Cette herbe sucrée est vite devenue à la mode, suscitant l’intérêt de géants de l’alimentaire comme Coca-Cola qui développe Truvia et PepsiCo pour PureVia. Alors que la Stévia est utilisée depuis une trentaine d’années par les Japonais et depuis des siècles en médecine traditionnelle en Amérique du sud, la consommation de la plante reste interdite en France par  les autorités sanitaires.

Pourtant, la réglementation évolue et les pays s’ouvrent à l’utilisation de la Stévia pour les aliments. La Suisse vient tout juste d’autoriser la Stévia dans les tisanes. En France, des cultures de Stévia ont été lancées dans l’Hérault et le Lot-et-Garonne. Des plantations bios qui, dans l’attente d’un assouplissement des règles pour des utilisations alimentaires, pourraient servir à des applications dans le domaine des cosmétiques, un secteur épargné par les restrictions sur la Stévia. 

Ces cultures sont encore des expérimentations. Lancées en 2011, elles vont permettre de maîtriser la culture de Stévia, sa transformation et de proposer un produit fini.  « Malgré des soucis liés aux aléas climatiques exceptionnels comme une température en baisse, nous obtenons de bons résultats. Nous avons défini un itinéraire culturel et prévoyons une production pérenne et rentable. » se félicite Philippe Boutie, président de l’association Sweet Via. Maintenant que la preuve est faite que la plante s’adapte au climat du Sud-Ouest, la filière Aquitaine Stévia Innovation  collabore avec l’Institut national de recherche agronomique (INRA) pour sélectionner la variété la plus compétitive.  « Dès 2015, nous aurons un produit à commercialiser auprès des industriels » ajoute Philippe Boutie.

Aujourd’hui, 100% de la Stévia consommée en France est importée. C’est dire comme la demande est forte. Les industriels devront toutefois patienter encore quelques mois avant de pouvoir utiliser de la Stévia française.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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