Logo ETI Quitter la lecture facile

Décryptage

Agrocarburants: «Le remède est pire que la maladie»

Posté le par La rédaction dans Énergie

Pour donner une image verte à l'essence, l'agro-industrie et l'industrie pétrolière ont trouvé une astuce: y ajouter un peu d'agrocarburants. Mais leur bilan est désastreux. L'industrie des agrocarburants constituent une très lourde menace environnementale et sanitaire à l'échelle mondiale.

Gaspillage monstrueux de l’eau douce, pollution par les engrais chimiques et les pesticides, consommation des terres agricoles, déforestation, pollution de l’air… « Même si l’agrocarburant est produit en France, on se retrouve avec des parcelles agricoles en moins dédiées à l’alimentation. La demande alimentaire étant croissance, il faudra trouver ces terres ailleurs. Ceci peut être facteur de déforestation et d’augmentation des prix des denrées alimentaires. Pas forcément en France mais dans les pays en développement » a expliqué Laura Buffet, chargée de mission au sein de l’ONG Transport & Environnement, comme le rapporte le média Novethic le 16 novembre 2018. L’arrivée au pouvoir de Bolsonaro au Brésil risque d’aggraver la situation. Produire desagrocarburants en France conduit à ce que les aliments soit produits ailleurs dans le monde, y compris au niveau des réserves amérindiennes méprisées par le nouveau président brésilien, profondément raciste et anti-écolo.

Le groupe agroindustriel Avril va commercialiser en France un nouvel agrocarburant à base de colza. Le groupe met en avant qu’il s’agit d’un carburant national, made in France, et qu’il réduirait « de 60% » les émissions de gaz à effet de serre. Sur France-Inter, Clément Sénéchal, chargé de campagne chez Greenpeace explique qu’« Oleo100 va émettre plus de carbone que les carburants fossiles car il faut prendre en compte les émissions indirectes liées au changement d’affectation des sols. Les prairies stockent du carbone mais quand elles sont plantées avec du colza, elles en stockent moins ».

Si l’on voulait alimenter l’intégralité du parc de voitures, de camions et de bus en France par des agrocarburants, les conséquences  seraient lourdes. Le nouveau gouvernement espagnol a prévu d’interdire les véhicules thermiques et mise sur le 100% électrique. Le gouvernement français a publié sa stratégie contre la déforestation et annonce l’interdiction totale des agrocarburants dits de première génération d’ici 2030. A noter que les carburants de troisième génération, les algocarburants, ont un bilan encore pire que ceux de première génération.

Sortir de l’ère de la combustion (moteur thermique) pour entrer dans l’ère de l’électron. Sous la terminologie méprisante du porte-parole du gouvernement Philippe (pas Morris), cela revient à sortir de l’ère « des gars qui fument des clopes et roulent en diesel ». C’est exactement la réponse, durant l’émission C à vous du 6 novembre 2018, du médecin et journaliste Michel Simes à la bretonne Jacline Mouraud.

Mais cette fois-ci sous une forme intelligente et respectueuse, sans mépris de classe. Cette militante des gilets jaunes aux réels talents populistes est propriétaire d’un 4×4 diesel qui est non sans rappeler l’énorme Cadillac du président des USA Donald Trump qui a enfumé le couple Macron à l’Elysée. Parcourant 25000 kilomètres par an à bord de son char polluant elle se plaint que le carburant coûte selon elle trop cher en France et estime que l’herbe (pétrolière) est plus verte en Espagne. Ce qui a laissé dubitatif le journaliste Patrick Cohen.  Michel Cymes, particulièrement sensible aux impacts sanitaires de la pollution automobile, a déclaré: « Le jour où l’on aura enfin compris qu’il faut passer au tout électrique, on s’en sortira de toutes ces histoires, de cette dépendance vis à vis des pétroliers. C’est insensé que l’on n’aille pas plus vite vers le tout-électrique » . Comme l’ont notamment souligné des chercheurs de l’université Stanford, les agrocarburants, tout comme les carburants pétroliers, posent eux aussi d’importants problèmes sanitaires.

Dès 2020 la nouvelle Renault Zoé, 100% électrique à batterie, aura 600 kilomètres d’autonomie. Sur Radio France International, Christine Siebert a estimé le 15 novembre 2018 que « dans l’idéal, la voiture électrique devrait rouler grâce aux énergies renouvelables. Et certaines initiatives locales s’efforcent de répondre à cette exigence. Ainsi, dans les Hautes Alpes, « l’ombrière photovoltaïque de Baratier » permet aux automobilistes de recharger leurs voitures électriques avec de l’énergie solaire. »

Pour aller plus loin

Posté le par La rédaction

Les derniers commentaires

  • Laura Buffet a une vision excessivement unilateral de la question agrocarburant qu elle ne connait pas à font car ces allegations sont infondées déjà que bien nombre d etudes demontrent le contraire il y a deja des decennies! Je regrette pour elle!!!!!

  • Votre article traite approximativement le sujet :s
    1- il n’aborde pas les agrocarburants de seconde-génération, ni-même l’usage du Chanvre pour ce faire alors que la France est le 1er producteur mondial 😉
    2- il est très facile de récupérer d’énormes surfaces cultivables, celles destinées à nourrir les animaux d’élevage – 80% des terres-cultivées – en consommant simplement végétarien (pas ovo-lacto-pseudo-végétarien) 😉 c’est d’ailleurs une requête forte de l’ONU, l’UNEP, la FAO, l’OMS, les Universités et revues scientifiques de renommée internationale ! L’éthi-cologie, la résilience au changement climatique tout en conservant du confort, c’est #goVegan


Réagissez à cet article

Commentaire sans connexion

Pour déposer un commentaire en mode invité (sans créer de compte ou sans vous connecter), c’est ici.

Captcha

Connectez-vous

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.

INSCRIVEZ-VOUS
AUX NEWSLETTERS GRATUITES !