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Dépollution d’un site industriel en 4 étapes

Posté le par La rédaction dans Environnement

En l’espace de 9 semaines, la société Vidam a, pour l’Ademe, mis en sécurité le site de l’ancien établissement Surmétaux sur lequel des déchets et les produits dangereux les plus divers étaient entreposés sans précaution particulière depuis plusieurs années et permis de traiter 1 395t de déchets. 

Implantée en zone industrielle sur la commune de Châteauneuf-en-Thymerais (Eure et Loire), la société Surmétaux était spécialisée dans le traitement chimique et électrolytique de l’aluminium (oxydation anodique). Le site n’étant plus en activité depuis le 4 septembre 2003, sa mise en sécurité a été exigée par l’arrêté préfectoral le 22 juillet 2009 mais le chantier de dépollution confié à la société Vidam n’a démarré qu’en juin 2010.

À l’arrivée sur le site, les équipes de Vidam ont constaté que les déchets et les produits dangereux (acides, bases, solutions métalliques, boues de traitement et de décantation, eaux de rinçage souillées, matériaux et emballages souillés, fuel, transformateurs souillés au PCB…) n’avaient pas été enlevés et étaient encore entreposés sans précaution particulière. Il était donc impératif de procéder à la mise en sécurité du site pour la santé et la sécurité des habitants, notamment des enfants qui en avaient fait un terrain de jeu.

La mise en sécurité de ce site s’est déroulée en 4 grandes phases :  mise en sécurité des zones de travaux, gestion des déchets du site, vidange, curage et nettoyage des cuves et réservoirs, nettoyage des sols et curage des réseaux.

Phase 1 : mise en sécurité des zones de travaux

Avant d’entamer les travaux, il a été nécessaire de sécuriser la toiture. Deux solutions ont été proposées : la pose d’un filet de protection (une solution exclue du fait des risques liés à la pose du filet) et le démontage de la toiture. Pour mener à bien cette phase, les tôles qui menaçaient de tomber ont été écartées puis elles ont été démontées et réparties en 3 typologies pour favoriser leur valorisation :

  • les plaques en verre ont été évacuées vers un centre d’enfouissement ;
  • les tôles fibrociment ont été éliminées en centre de traitement ;
  • les tôles métalliques ont été laissées sur site pour une valorisation de la partie ferraille.

Puis est intervenue la mise en sécurité de la chaîne de traitement, rétention, fosses et station de détoxication. Il s’agissait d’enlever l’ensemble des polluants chimiques et dangereux du cœur de l’ancien outil de production. L’opération a consisté à nettoyer, pomper, curer et racler l’ensemble des bacs, fosses et cuves du site. Dans un premier temps, les eaux de rétention présentes en surface ont été pompées. Puis, les bacs ont été nettoyés à la haute pression et les eaux de nettoyage ont été récupérées pour être traitées.

Afin de rendre accessible la rétention pour le nettoyage, les techniciens de VIDAM ont du sortir les bacs de traitement à l’aide de deux pelleteuses. Chaque bac a été nettoyé (gratté et lavé à la haute pression) avant d’être stocké sur site pour être ferraillé. À l’issu de l’opération de nettoyage, la rétention a été sécurisée par la pose d’un grillage de 1,20m.

Phase 2 : gestion des déchets du site

La phase de gestion des déchets a débuté par l’identification préalable des déchets présents sur site. Pour ce chantier, les analyses ont été effectuées dans le laboratoire du centre de traitement Antipol, à Fontenay-le-Comte. Une codification spécifique a été établie pour référencer les déchets, les identifier et les évacuer vers les filières de traitement adaptées.

Les déchets conditionnés ont été regroupés dans une zone de  stockage avant d’être évacués petit par petit vers les filières de traitement et de valorisation. Un registre de stock des déchets était tenu par le responsable du chantier qui gérait la fréquence des enlèvements et définissait les lots à charger. C’est également lui qui complétait les Bordereaux de Suivi de Déchets sur les volumes évacués.

Pour le contrôle des PCB dans les transformateurs, un échantillon de diélectrique a été prélevé en vanne basse des deux appareils et les échantillons ont été acheminés vers un laboratoire d’analyse afin de déterminer la concentration en PCB et PCT. Ils ont ensuite été orientés vers une plateforme spécialisée afin de détruire le pyralène et les carcasses métalliques souillées.

Phase 3 : mise en sécurité des cuves et des réservoirs

L’intervention sur les cuves devant être faite avec la plus grande sécurité pour exclure tous risques de blessures et d’explosions, diverses mesures de sécurité sont mises en place comme le port d’un analyseur 4 gaz en continu et oxygénomètre, l’utilisation de divers équipements de protections individuels…

Les cuves et réservoirs rencontrés sur le site étaient de types très différents et avaient contenu des produits eux aussi très différents :

  • une cuve de soudes : ne pouvant pas accéder au trou d’homme, les techniciens de Vidam ont débuté l’opération par la réalisation d’une ouverture dans la cuve Les sels de fond de cuve ont été récupérés pour être acheminés vers un centre de traitement ;
  • une cuve d’acide sulfurique : les techniciens de VIDAM ont préalablement transférés l’acide présent dans la cuve avant de nettoyer les parois puis de l’éliminer sur un centre de traitement ;
  • une cuve d’acide chlorhydrique : étant transportable en l’état, elle a donc été éliminée dans son intégralité ;
  • des bassins de traitement : ils ont été pompés et nettoyés à la haute pression.
  • deux décanteurs : présents sur le site, ils ont été vidés et nettoyés. La sécurisation a été réalisée par la pose d’un grillage sur l’ensemble du décanteur
  • la cuve à fuel : le repérage de la cuve a été réalisé par sondage du sol. La cuve trouvée avait une capacité de 50m3. Après déblaiement de cette dernière, le trou d’homme a été ouvert avec du matériel antidéflagrant. La cuve a été nettoyée et dégazée par l’équipe Vidam avec l’émission d’un certificat de dégazage. Conditionnés en transicuves, les déchets de fuel, de boues hydrocarburées et les eaux de nettoyage ont été acheminés pour être valorisés sur le centre de traitement. Enfin, la cuve a été extraite du sol pour être ferraillée. Comme souvent sur ce type de site, la cuve trouvée était percée et le sol en fond de fouille présentait une source de pollution potentielle. Après constat de l’ADEME, les effluents ont été pompés et un prélèvement de terre a été effectué pour déterminer la pollution.

Phase 4 : nettoyage des sols et curage des réseaux

Cette phase a finalisé le chantier en rendant les derniers éléments exempts de pollution résiduelle. Tous les regards sur le site et sur les trottoirs aux abords du site ont été ouverts pour être curés. Enfin, pour clôturer le chantier, le nettoyage des sols s’est opéré sur une superficie totale d’environ 1 600m2. Les déchets ont été triés, les ferrailles ont été stockées sur place, les déchets souillés stockés en benne (caillebotis, tuyaux pvc..), les tâches au sol grattées manuellement et l’ensemble des sols balayés. Les matériaux solides souillés, trouvés sur le site, ont été conditionnés dans une benne pour être éliminés en centre de traitement.

Au total, le chantier qui aura mobilisé 8 personnes pendant 9 semaines, aura permis de traiter 1 395 tonnes de déchets.
 

Posté le par La rédaction


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