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Décryptage

Une nouvelle filière de recyclage pour les petits aluminiums

Posté le par Matthieu Combe dans Environnement

Déjà 9 millions de Français peuvent trier et recycler leurs petits emballages métalliques grâce au Projet Métal. À l'occasion du 100e Congrès des Maires et des présidents d'intercommunalité, le projet est relancé. Objectif : couvrir 30 millions d'habitants en 2022.

Moderniser les centres de tri est un défi majeur. La loi de transition énergétique pour la croissance verte promet une couverture nationale de l’extension des consignes de tri des emballages en 2022. À cet horizon, tous les emballages iront dans la poubelle de tri. Mais le Plan Climat de Nicolas Hulot se cantonne à un objectif de recyclage de 100 % des plastiques en 2025. Les professionnels du Projet Métal aimeraient aussi aboutir à la fin de l’enfouissement des métaux. Ils espèrent donc que les résultats obtenus sur les petits emballages métalliques trouveront leur place dans la feuille de route de l’économie circulaire qui sera présentée en mars 2018.

Recycler les petits emballages en métal

Le Projet Métal, lancé en 2014 par Citeo (ex Eco-Emballages), l’Association des Maires de France (AMF), le CELAA (Club du recyclage de l’emballage léger en aluminium et en acier ) et le Fonds de dotation pour le recyclage des petits aluminiums créé par Nespresso, peut en effet de se vanter de ses résultats. En 2016, le projet a permis de recycler 338 tonnes de petits emballages en aluminium supplémentaires. C’est une augmentation de 65 % par rapport à 2015 pour les neuf centres de tri nouvellement équipés. « En 2022, l’objectif est de multiplier ce volume de collecte par dix », prévient Harold de Jacquelot, Directeur Tri & Valorisation chez Citeo. Ces bons résultats ont convaincu dix nouveaux centres de tri de rejoindre le projet en 2017. Désormais, ce sont donc 19 centres de tri qui sont équipés en France sur les 200 que compte le pays. Et le taux de recyclage des emballages en aluminium atteint actuellement 43 % au niveau national, contre 32 % en 2009.

Les emballages concernés par cette extension sont divers. Il s’agit par exemple des capsules de bouteilles, des couvercles de bocaux et boîtes de conserves Mais aussi de tous les opercules et les papiers en aluminium, des dosettes de café et de thé, ou encore des petites canettes. Si ces emballages sont petits et non collectés, ils représentent tout de même 60.000 tonnes  d’aluminium. Soit 60% du gisement d’emballages en aluminium mis sur le marché en France.

Le Projet Métal veut changer d’échelle

Les membres du projet veulent aller plus loin. Notamment, ils souhaitent profiter de la modernisation des centres de tri pour les équiper également de nouveaux équipements capables de trier les petits emballages en aluminium et acier. Ces emballages refusés dès l’entrée des centres de tri ne seront plus envoyés à l’incinération ou en centre d’enfouissement. Les emballages en aluminium seront récupérés grâce à un courant de Foucault. Et les emballages en acier grâce à un aimant, un «overband».

En 2022, 60 centres de tri devraient avoir les équipements nécessaires. Dans les quatre vagues successives d’appels d’offres lancés par Citeo entre 2018 et 2021, il sera demandé aux centres traitant plus de 20.000 tonnes de déchets de trier également ces petits emballages. Globalement, il s’agit des centres collectant les déchets d’environ 400.000 habitants. «Nous avons défini ce seuil pour avoir des volumes suffisants, qui assurent la rentabilité de l »investissement», explicite Jean Hornain, Directeur général chez Citeo. Outre l’intérêt environnemental, il y a un intérêt économique certain à recycler l’aluminium. Une balle de canettes en aluminium en sortie de centre de tri est vendue autour de 300 euros. Et pour accélérer les décisions, le Fonds de dotation pour le recyclage des petits aluminiums de Nespresso promet même une prime supplémentaire. Celle-ci s’élève à 300 euros pour chaque tonne d’aluminium sortie des centres grâce au tri des petits emballages.

Créer une filière française ?

Les petits emballages en aluminium sont traités par pyrolyse. Si quelques initiatives sont en cours en France, la plupart de ces emballages nouvellement triés sont envoyés en Allemagne chez la société Pyral. «Les déchets en alluminium y sont envoyés dans des fours à 500°C sans oxygène, résume Jean Hornain. Cela permet d’éliminer les impuretés et il ne reste que l’aluminium non dégradé à la fin». Cette société serait prête à s’installer en France lorsque les volumes seront suffisants.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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