Depuis l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche, les relations entre les GAFAM et l’Europe ne se sont pas améliorées. Les patrons de Microsoft, Meta, OpenAI, Amazon, Palantir et Apple sont très mécontents de la législation européenne en matière de numérique. C’est la raison pour laquelle Google se dit favorable à l’adoption d’un modèle de «souveraineté numérique ouverte».
Environ 10 milliards de dollars ! C’est le montant total des amendes (9,5 milliards pour être précis) infligées par l’Union européenne à Google depuis 2017. Et la facture pourrait s’alourdir.
Le géant américain est en effet visé par une nouvelle enquête de l’UE, pouvant amener jusqu’à 40 milliards de dollars d’amende. Le motif ? Google gonflerait artificiellement les prix de vente de l’espace de publicité disponible sur ses services, afin de faire payer toujours plus aux annonceurs.
Trop, c’est trop. En février, Google a donc officiellement appelé l’Union européenne à adopter un modèle de « souveraineté ouverte » dans le domaine numérique. Cette proposition est présentée comme une alternative aux approches protectionnistes ou purement libérales.
Pour convaincre l’UE d’être plus souple, le directeur juridique d’Alphabet (maison mère de Google) met en avant le « paradoxe compétitif ». Selon l’entreprise, la quête de souveraineté de l’Europe pourrait paradoxalement freiner son propre développement.
À être trop pointilleuse sur les réglementations numériques (RGPD, DMA, DSA), l’UE pourrait ralentir l’innovation de ses propres entreprises qui utilisent les infrastructures des « hyperscalers » américains. Le message de Google est clair : l’Europe reste souveraine grâce aux outils des GAFAM… mais à condition de ne pas fermer son marché.
Casse-tête pour l’Europe
Le concept de « souveraineté ouverte » vise à concilier deux impératifs souvent perçus comme contradictoires. D’un côté, la protection des intérêts nationaux (ou régionaux, dans le cas de l’UE) et, de l’autre, l’ouverture aux innovations et aux acteurs mondiaux.
Concrètement, cette « souveraineté ouverte » pourrait se traduire par des règles communes pour l’accès et l’utilisation des données, garantissant à la fois la sécurité et l’interopérabilité. Ce concept reposerait aussi sur un cadre réglementaire stable qui encourage l’innovation sans sacrifier la protection des données ou la concurrence loyale. Et, enfin, une collaboration renforcée entre acteurs publics et privés, y compris les géants américains et européens du numérique.
Derrière ce discours officiel se cache la volonté de Google d’éviter une fragmentation du marché numérique européen, qui pourrait compliquer ses opérations. Le géant veut aussi se positionner comme partenaire des institutions européennes, plutôt que comme un acteur extérieur à réguler.
Pour l’UE, le sujet est complexe. D’un côté, elle doit protéger ses citoyens et ses entreprises contre les risques liés à la dépendance technologique (cybersécurité, influence étrangère, etc.). De l’autre, elle ne peut pas se permettre de couper les ponts avec les acteurs majeurs du numérique, sous peine de ralentir son développement économique et technologique.
Le débat entre une Europe qui protège ses frontières numériques et une Europe qui s’intègre au marché mondial restera au cœur de l’agenda politique de 2026.






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