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Interview

La filière plasturgie recrute à tour de bras

Posté le par Arnaud Moign dans Matériaux, Biotech & chimie

18 000, c’est le nombre de recrutements prévus au sein de la filière plasturgie et composites dans les 12 mois qui viennent, tous postes et tous niveaux confondus. Face à ces prévisions encourageantes, les plasturgistes s’organisent pour proposer des formations à la hauteur des enjeux d’économie circulaire. Nous avons interrogé Pierre-Jean LEDUC, l’actuel président de Polyvia Formation, la branche formation du nouveau syndicat professionnel national de la plasturgie et des composites.

Pierre-Jean Leduc est président de Polyvia Formation. Crédit : Polyvia

Pierre-Jean Leduc est président du groupe DEMGY (ex-Dedienne Multiplasturgy® Group). Il est également président de Polyvia Formation, l’organisme de formation professionnelle de la branche plasturgie et composites. Présent sur l’ensemble du territoire français, Polyvia Formation est le fruit de la fusion, en janvier 2021, de 4 grands organismes de formation du secteur de la plasturgie et des composites : le CFP, le Cirfap, l’ISPA et le Pôle Formation Composites d’IPC.

Polyvia Formation forme chaque année 650 jeunes talents en apprentissage et plus de 4 200 salariés en formation continue sur une trentaine de sites en France.

Techniques de l’Ingénieur : La filière plasturgie devrait recruter 18 000 personnes dans les 12 mois qui viennent. La filière semble bien se porter ! Les industriels ont-ils des difficultés de recrutement ?

Pierre-Jean Leduc : En effet, la filière plasturgie et composites se porte bien. Comme la plupart des professions liées à l’industrie ou aux services, nous sommes donc à la recherche de talents à recruter.

Je ne pense pas que nous ayons plus de difficultés à recruter que d’autres filières comme la métallurgie ou l’industrie du bois. Selon moi, c’est un phénomène général, lié au manque d’attractivité de l’industrie et qui est renforcé par la forte reprise économique actuelle.

Par ailleurs, le « papy-boom » est toujours d’actualité et dans nos industries, beaucoup d’employés sont en fin de carrière. Nous avons donc un besoin urgent de sang neuf pour redynamiser le secteur.

Quelle est la réponse du secteur de la plasturgie face à ces difficultés ?

Afin de relever les défis actuels en termes d’attractivité, de représentativité ou d’économie circulaire, les syndicats interrégionaux du secteur de la plasturgie et des composites se sont regroupés pour former Polyvia en 2020. C’est également dans une optique d’homogénéité territoriale que les principaux organismes de formation français en plasturgie ont donné naissance à Polyvia Formation en 2021.

Nous avons collectivement décidé de prendre les choses en main en misant sur la formation. Nous mettons ainsi en place des formations initiales et continues pour pallier le manque de candidats disponibles sur le marché.

Comment Polyvia formation intègre-t-il l’économie circulaire dans ses formations ?

À l’ISPA, nous avions créé  un master spécialisé en recyclage. Cette formation en 9 à 12 mois, reprise par Polyvia Formation, propose aux ingénieurs non plasturgistes d’acquérir ainsi un diplôme en recyclage, et notamment en recyclage des matières plastiques.

Nous sommes également en train de créer un bachelor (BAC+3) dédié à la filière plasturgie. Celui-ci permettra ainsi aux plasturgistes d’intégrer directement des techniciens déjà formés au recyclage.

Il est question de former une « nouvelle génération de plasturgistes ». Pensez-vous que le « plastic bashing » a un impact sur le fait d’attirer les jeunes ?

Justement non, nous n’avons pas vraiment de problèmes à attirer les jeunes vers ces nouvelles formations, qui vont de l’équivalent BAC pro jusqu’au diplôme d’ingénieur et au BAC+6. Même si cette année, ça a été un peu plus dur au niveau des BTS, les jeunes qui intègrent notre filière sont convaincus que le plastique est une solution à la problématique environnementale et au réchauffement climatique.

En effet, il faut garder à l’esprit que produire 1 kg de matière plastique est bien moins énergivore que produire 1 kg de verre, d’acier ou d’aluminium. En termes d’impact environnemental, le plastique s’en sort donc très bien, à partir du moment où on le recycle. L’un des principaux enjeux de la filière plasturgie est la mise en place de moyens de recyclage de la matière plastique, efficaces et suffisamment dimensionnés, car il est clairement anormal de retrouver des bouteilles plastiques et des masques jetables dans les océans. Si l’on veut raisonner de manière objective, le cœur du problème est cependant bien plus de l’ordre du comportement et de responsabilité citoyenne que d’ordre technique.

Pour les personnes formées, quels seront les débouchés ?

Le métier de plasturgiste est un métier transversal qui touche tous les secteurs d’activité. La plasturgie française est une constellation d’entreprises qui sont pour la plupart des PME et qui travaillent en sous-traitance pour d’autres secteurs.

Si, à l’heure actuelle, le niveau d’activité global de la filière plasturgie/composites est plutôt bon, le nombre d’offres d’embauche n’est pas homogène, car il y a de fortes disparités entre secteurs d’activité. L’activité économique de l’aéronautique et de l’automobile étant plutôt en ralentissement, les plasturgistes qui travaillent avec ces secteurs offriront probablement moins de débouchés que des secteurs qui se portent actuellement très bien, comme le médical, l’emballage ou le bâtiment.

Pour aller plus loin

Posté le par Arnaud Moign


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