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L’Anses veut mieux protéger les abeilles

Posté le par Matthieu Combe dans Environnement

La réglementation encadre l'usage des pesticides nuisibles aux abeilles depuis 2003, mais le problème persiste. L'Anses préconise donc au gouvernement de durcir le cadre légal. Les ministères de la Transition écologique et de l'Agriculture ont conjointement annoncé la mise en place d'un groupe de travail sur le sujet.

En Europe, tous les indicateurs virent au rouge concernant les insectes pollinisateurs. Ces dernières décennies, leurs populations ont largement été décimées, laissant planer les plus grandes inquiétudes pour l’écosystème européen. Selon l’AFP, la moitié des hyménoptères, familles d’insectes dont font partie les abeilles, sont menacés d’extinction. Et la France est loin de faire figure d’exception. Selon les chiffres d’une enquête menée par le ministère de l’Agriculture, 29,4 % des insectes pollinisateurs sont morts durant l’hiver 2017-2018.

Pourtant, les gouvernements successifs n’ont pas manqué de prendre des mesures dans le but d’endiguer ce déclin. Depuis 2003, il est interdit d’épandre des insecticides et des acaricides durant les périodes de floraison, notamment sur les cultures attractives pour les abeilles. Depuis septembre 2018, l’utilisation des insecticides néonicotinoïdes a été proscrite en France ; des dérogations sont possibles jusqu’en juillet 2020. Malgré ces mesures, la tendance peine très fortement à s’inverser.

L’Anses recommande que les pesticides soient épandus… la nuit !

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) préconise donc que la législation en matière de pesticides soit encore davantage encadrée. Dans un nouvel avis, l’Anses s’attaque aux pesticides nuisibles aux abeilles bénéficiant d’une dérogation pour continuer d’être utilisés. Elle reprend une idée défendue de longue date par les apiculteurs. En partant du principe que les abeilles butinent le jour, l’agence souhaiterait que l’épandage de pesticides ne se fasse que durant la nuit. L’Anses propose donc que le calendrier de pulvérisation de produits phytosanitaires soit établi en fonction de l’éphéméride et trois heures après le coucher du soleil. L’épandage de pesticides persistants dans les cultures avant la période de floraison n’est également pas souhaité par l’Anses.

Ces préconisations viennent du fait que diverses familles de pesticides sont retrouvées dans les ruches. Il y a « les insecticides et les acaricides dans les ruches » qui sont déjà réglementés, mais aussi les autres, « notamment des fongicides et des herbicides, et ces produits peuvent aussi avoir des effets nocifs sur les abeilles », a expliqué à l’AFP Françoise Weber, directrice générale déléguée de l’Anses en charge des produits réglementés.

Guillaume et De Rugy protégeront-ils mieux les abeilles ?

Malheureusement, il n’est vraiment pas certain que cette recommandation, qui n’est pas nouvelle, soit mieux entendue aujourd’hui qu’en 2014. L’Anses avait, en effet, déjà suggéré que tous les produits phytosanitaires, soient épandus uniquement la nuit dans le but de protéger les abeilles et tous les insectes pollinisateurs. Stéphane Le Foll, alors ministre de l’Agriculture s’était alors montré favorable à une telle mesure. Mais, comme le rappelle l’Union nationale des apiculteurs (Unaf), la FNSEA n’a pas du tout envisagé d’un aussi bon œil que le ministre cette idée. Résultat, la proposition est mort-née.

Suite à cette communication de l’Anses, les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture ont annoncé qu’un groupe de travail consacré à cette problématique serait rapidement créé. L’objectif annoncé sera de « définir les mesures permettant de limiter les risques liés aux produits phytosanitaires pour les pollinisateurs, tout en prenant en compte les contraintes techniques pour les agriculteurs ». Le programme laisse de lui-même entendre que les négociations seront encore une fois très musclées et les décisions lointaines. Il est en effet très peu probable que les agriculteurs acceptent sans rechigner que les interdictions d’utilisation de pesticides soient élargies et les dérogations accordées moins facilement.

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Posté le par Matthieu Combe


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