La 27e édition du Prix « Marius Lavet, Ingénieur et inventeur » a distingué Julie Grollier pour ses travaux à la croisée de la physique et des technologies numériques. Cette récompense met en lumière un parcours scientifique reconnu, en prise avec les enjeux actuels de l’ingénierie. Techniques de l’Ingénieur, présent lors de la cérémonie de remise du prix, retrace le parcours de la lauréate.
Le 14 janvier 2026, à la Maison des Arts & Métiers à Paris, le Prix « Marius Lavet, Ingénieur et inventeur » a été décerné à Julie Grollier, à l’issue d’une cérémonie placée sous le signe de l’engagement sociétal et de l’innovation utile. Techniques de l’Ingénieur a participé à l’événement, représenté par Sylvie Darly et Angela Martin, respectivement Directrice éditoriale et éditrice. Invitées par l’organisation du prix, elles étaient membres du jury.
Doté d’un montant de 15 000 euros, ce prix distingue chaque année un parcours d’ingénieur ou de chercheur incarnant l’inventivité, la responsabilité et la capacité à apporter des solutions concrètes aux grands défis contemporains.
Un prix ancré dans l’histoire de l’ingénierie française
Créé grâce au legs Chéreau-Lavet et abrité par la Fondation de France, le Prix Marius Lavet rend hommage à cet ingénieur-inventeur français majeur du XXᵉ siècle, pionnier de la mécatronique et inventeur du moteur pas à pas qui porte son nom. Sans héritiers directs, Marius Lavet a souhaité transmettre son patrimoine pour faire vivre une conception exigeante de l’ingénierie, fondée sur la transmission du savoir, l’innovation et l’utilité sociale.
La 27e édition du prix s’inscrit pleinement dans cette filiation. Elle affirme que, face aux enjeux environnementaux, climatiques, industriels et sociaux, l’ingénieur ne se limite pas à un rôle technique, mais devient un acteur central du progrès et de la transformation de la société.
À la frontière entre physique, intelligence artificielle et transmission

Physicienne et directrice de recherche au CNRS, rattachée à Thales, Julie Grollier est reconnue internationalement pour ses travaux en spintronique et en informatique neuromorphique. Cette discipline vise à concevoir des composants électroniques inspirés du fonctionnement du cerveau humain, capables de traiter l’information de manière plus efficace et plus sobre sur le plan énergétique.
En 2017, ses travaux ont franchi une étape décisive lorsqu’elle a démontré qu’un nano-neurone artificiel était capable de reconnaître des chiffres prononcés. Cette avancée a ouvert des perspectives nouvelles pour le développement de puces neuromorphiques, susceptibles de répondre aux limites énergétiques des architectures informatiques actuelles. En 2018, ces recherches ont été récompensées par la médaille d’argent du CNRS, confirmant la portée scientifique et technologique de ses travaux.
Au-delà de ses recherches, Julie Grollier s’illustre également par son engagement dans la diffusion des savoirs. Elle est l’autrice d’un livre jeunesse consacré à la découverte de l’intelligence artificielle, ainsi que d’un recueil de poésie, témoignant d’un parcours singulier où sciences, pédagogie et création se croisent. Cette dimension a fortement résonné avec l’esprit du prix, qui valorise la capacité des ingénieurs à dialoguer avec la société et à transmettre.
Une sélection reflétant la diversité de l’innovation
La lauréate était entourée de finalistes aux profils variés, issus de la recherche académique, de l’entrepreneuriat et de l’industrie. Parmi eux figuraient notamment Luc Julia, Pascale Senellart ou encore Éric Carreel, illustrant la diversité des formes que peut prendre l’innovation aujourd’hui. Le jury, présidé par Jean-Claude Lehmann, réunissait des représentants de l’industrie, de l’innovation et de la transmission scientifique.
La cérémonie a également donné une place importante aux lycéens, à travers la restitution de six ateliers consacrés à l’ingénierie comme métier de sens, abordant par exemple l’impact sociétal, l’intelligence artificielle, le climat ou encore l’entrepreneuriat. Cette dimension pédagogique prolonge l’ambition du prix, laquelle est de susciter des vocations, en rappelant que l’ingénierie est un levier essentiel pour construire l’avenir.









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