Le spécialiste français de l'uranium va bénéficier d'un soutien financier du gouvernement américain pour développer une nouvelle capacité d’enrichissement d’uranium aux États-Unis. En diversifiant ses implantations, le groupe tricolore garantit la stabilité de sa production en uranium enrichi et accompagne les États-Unis dans leur stratégie visant à rétablir une chaîne d’approvisionnement nationale en combustible nucléaire.
Le groupe Orano avance ses pions outre-Atlantique. Le spécialiste de l’extraction et de la gestion de l’uranium a annoncé dans un communiqué qu’il venait d’obtenir un financement de 900 millions de dollars destiné à concrétiser son projet de construction d’une installation de production d’uranium enrichi.
Sélectionné par le Département de l’Énergie américain, Orano voit ainsi confirmée son expertise dans le secteur énergétique : « C’est une excellente nouvelle pour Orano et une avancée décisive pour notre projet d’usine d’enrichissement aux États-Unis ! Cette reconnaissance par les autorités américaines illustre la confiance placée dans notre expertise et notre capacité à mettre notre technologie au service de la robustesse de l’approvisionnement de nos clients », s’est réjoui Nicolas Maes, directeur général d’Orano.
Une avancée majeure
Le groupe envisage de déployer son usine d’enrichissement sur le site d’Oak Ridge dans l’État du Tennessee. Les prochaines étapes, fixées au 1er semestre 2026, devraient aboutir à une finalisation du contrat et à un dépôt de licence auprès de l’autorité de sûreté nucléaire américaine. La mise en production de la nouvelle usine est prévue pour le début de la prochaine décennie.
Le soutien américain permettra de financer ce projet, nommé IKE[1], d’un coût total de près de 5 milliards de dollars. S’inscrivant dans la stratégie d’Orano d’augmentation de ses capacités d’enrichissement, le projet IKE est complémentaire du projet d’extension de l’usine Georges Besse 2 en cours de construction sur le site du Tricastin dans la Drôme et qui prévoit une augmentation de 30 % de la capacité d’enrichissement.
L’installation d’une usine outre-Atlantique offre pour le géant français de l’uranium un moyen de stabiliser sa position sur le marché mondial de l’uranium enrichi. Confronté à des tensions géopolitiques sur le continent africain, le groupe voit l’exploitation de ses mines remise en question depuis que le Niger a entrepris la nationalisation progressive de ses stocks d’uranium. Un contexte qui oblige le groupe à diversifier ses capacités de production dans d’autres pays.
Une orientation stratégique pour l’autonomie énergétique américaine
Ce projet s’inscrit dans la stratégie déployée par le président Trump pour favoriser la production nucléaire qui doit permettre de répondre aux besoins croissants des États-Unis en électricité dans un contexte marqué par le développement de l’intelligence artificielle et des centres de données.
Le Département de l’Énergie a annoncé qu’aux côtés d’Orano deux autres sociétés bénéficieraient d’un financement similaire, à savoir American Centrifuge Operating et General Matter. Le total des commandes octroyées à ces trois sociétés s’élève à un montant de 2,7 milliards de dollars. En misant sur l’enrichissement de l’uranium au cours des dix prochaines années, le gouvernement américain cherche à réduire la dépendance des États-Unis à l’égard de l’approvisionnement russe ; la réglementation américaine interdit, à partir de 2028, l’importation d’uranium enrichi en provenance de Russie.
Le président Trump met en œuvre les conditions nécessaires pour garantir aux exploitants de réacteurs nucléaires américains un approvisionnement fiable en uranium enrichi.
[1] En référence au surnom du Président D. Eisenhower et en hommage à son discours sur l’énergie nucléaire « Atomes pour la paix » prononcé devant les Nations Unies









Réagissez à cet article
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Inscrivez-vous !
Vous n'avez pas encore de compte ?
CRÉER UN COMPTE