Logo ETI Quitter la lecture facile

En ce moment

Revue du web #37: les vidéos de la semaine

Posté le par La rédaction dans Informatique et Numérique

Toutes les deux semaines, la rédaction vous propose quelques vidéos glanées sur la Toile, présentant un intérêt scientifique certain, en lien – ou non – avec l'actualité des sciences. Certaines sont étonnantes, d'autres franchement loufoques.

Cette semaine dans la première revue du Web de l’année :

  • Les robots n’échappent – malheureusement – pas à la fièvre du « Gangnam Style »… CHARLI-2 et Nao nous montrent toute l’étendue de leur talent ;
  • PhantomX, le robot hexapode au look d’araignée ;
  • Mettre le feu à la glace ? Oui, mais avec du carbure de calcium ;
  • L’armée s’intéresse au pneu du futur, sans air et increvable ;
  • Le gadget (inutile ?) de la semaine : « Useless Machine Advanced Edition », comme son nom l’indique ;
  • En bonus : une explosion nucléaire sous-marine, conduite en 1958 par les Etats-Unis.

Les robots n’échappent – malheureusement – pas à la fièvre du « Gangnam Style »

Vous n’avez pas pu y couper. Que vous ayez eu à subir le tube du rappeur sud-coréen Psy ou que vous ayez des goûts musicaux… quelque peu douteux, l’oppressant « Gangnam Style » vous a surement fait saigner les esgourdes. « Gangnam Style », dont le clip est la première vidéo à atteindre le milliard de vues sur YouTube fin décembre (et plus de 100 millions de vues supplémentaires depuis…) n’aura pourtant pas fait que des victimes humaines. Pour débuter cette trente-septième Revue du Web et première Revue de l’année 2013, nous vous donnons la preuve que les robots n’ont pu échapper, eux non plus, à la fièvre du « Gangnam Style ».

CHARLI-2, un robot élancé développé par une équipe de l’université publique de Virginia Tech, aux Etats-Unis (Etat de Virginie), avait pourtant un avenir radieux devant lui. Alors que l’US Navy croyait dur comme fer en ce robot, dont la version améliorée devrait servir de base de travail au futur ASH (« Autonomous Shipboard Humanoid ») un prototype de robot pompier qui sera présent à bord d’un navire, CHARLI-2 a été pris en flagrant délit de « Gangnam Style » fin octobre dernier. Le robot, quoiqu’un peu raide sur certains mouvements, ne s’en sort pourtant pas si mal.

Dennis Hong, qui dirige l’équipe conceptrice du robot pompier, va plus loin : « Si un robot peut s’acquitter de toutes les tâches nécessaires à l’extinction d’un feu, il peut accomplir d’autres tâches sur un navire, comme par exemple nettoyer le pont ». Comme tant d’autres destins brisés, CHARLI-2 devra-t-il revoir à la baisse ses ambitions, et balayer un pont au rythme de Gangnam Style en se rêvant pompier ?

Plus énervé, plus fluide, mais aussi moins polyvalent que CHARLI-2, le robot de la vidéo qui suit (Nao, de la société française Aldebaran Robotics) n’a pu s’empêcher de commettre à son tour une danse sur le tube sud-coréen. Son style affirmé lui aura même permis de remporter le titre lors d’une compétition de danse à Hanghzou, à 200 kilomètres de Shanghai, en novembre dernier.


PhantomX, le robot hexapode au look d’araignée

Les robots peuvent danser sur autre chose que « Gangnam Style », pour peu qu’on leur en laisse la possibilité. PhantomX est un robot tout terrain ressemblant à s’y méprendre à une araignée robotique, à un détail près : PhantomX ne possède que six pattes. Le robot hexapode, mis au point par les Américains de Trossen Robotics, est programmé pour réaliser six démarches différentes. L’une d’entre elles ressemble étrangement à une danse lascive, sensuelle, qu’il exécute au début de la vidéo qui suit.

Doté d’un servomoteur de type AX-12 Dynamixel, d’un contrôleur Arbotix, PhantomX est non seulement réactif, rapide, mais il fait aussi preuve d’une étonnante souplesse, grâce aux trois degrés de liberté dont disposent les pattes du robot hexapode. PhantomX peut également porter jusqu’à quatre kilos, est aussi agile sur le ventre que sur le dos, et ce pour la bagatelle de 1.200 dollars US (un peu plus de 900 euros).

Mettre le feu à des glaçons ?

La chimie a souvent été l’amie honteuse des prestidigitateurs, offrant aisément une certaine aura de mystère ainsi qu’un côté spectaculaire aux tours « inexplicables » de nombreux magiciens plus ou moins confirmés. Mettre le feu à la glace, lubie poétique aux allures d’impossible, devient alors un jeu d’enfant – pour peu que l’on sache s’y prendre.

La solution était à trouver… dans nos bonnes vieilles lampes à acétylène ! Composée d’un réservoir d’eau et d’un réservoir de carbure de calcium (CaC2), la lampe à acétylène repose sur la réaction entre les deux éléments : l’écoulement de l’eau sur le carbure de calcium, réglé à l’aide d’une vis, fournissait le débit nécessaire d’acétylène qui éclairait alors en brûlant. Ces lampes étaient très utilisées vers la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, aussi bien par les spéléologues de tous poils que pour l’éclairage public de certaines villes.

La réaction chimique, très exothermique, est la suivante :
CaC2 + 2 H2O → C2H2 + Ca(OH)2

Revenons à nos glaçons : disposons-les dans un bac métallique, au fond duquel se trouve du carbure de calcium. Faisons intervenir une – ou deux – allumette(s), et le tour est joué. Techniquement, ce ne sont pas les glaçons qui prennent feu à proprement parler, ils ne fournissent ici que le « combustible »… En effet, le carbure de calcium réagit avec l’eau des glaçons pour créer de l’acétylène, qui prend alors feu au fur et à mesure qu’il est produit. Le feu fait fondre plus de glace, qui réagit et… crée de l’acétylène tant qu’il reste du carbure de calcium.

L’armée s’intéresse au pneu du futur, sans air et increvable

Rendre un pneu increvable tout en minimisant son usure et en fournissant un niveau d’absorption des chocs identique voire meilleur qu’un pneu traditionnel : tel est le défi que de nombreux fabricants de pneus se sont lancés il y a déjà quelques années, aux premiers rangs desquels le fabricant japonais Bridgestone et le Français Michelin. Au centre des trois vidéos suivantes, un nouveau genre de pneu est testé par l’armée américaine, en conditions réelles et en laboratoire.

L’apparence générale du pneu en dit beaucoup sur son fonctionnement : le pneu se base sur un système complexe de rayons en résine thermoplastique – résine rendue malléable par application de chaleur lui permettant d’être aisément coulée dans un moule ou « extrudée », puis durcissant à nouveau en refroidissant. Ce système innovant de rayons en résine donne à l’ensemble de la structure un aspect alvéolé lui conférant une grande souplesse, rendant le pneu capable d’absorber des impacts autrement plus dommageables pour un pneu traditionnel. Les rayons partent du moyeu, alors que le pneu et la jante semblent tout d’un bloc.

La première vidéo nous permet d’observer le pneu en conditions réelles, monté sur un véhicule de l’armée américaine. La déformation temporaire du pneu, lorsque le char léger surmonte un obstacle, est impressionnante. La seconde vidéo nous montre le même pneu, cette fois-ci monté sur un pick-up plus « classique » ; le pneu semblant plutôt bien se comporter sur terrain accidenté. Enfin, le pneu increvable passe un test balistique – avec succès – dans la troisième et dernière vidéo, la nouvelle structure ne laissant plus craindre le moindre risque de crevaison.

Le gadget (inutile ?) de la semaine : « Useless Machine Advanced Edition », comme son nom l’indique

Pour conclure cette toute première Revue du Web de l’année 2013, voici le gadget (inutile ?) de la semaine : « Useless Machine Advanced Edition » (« machine inutile, version améliorée » en français), un boîtier dont l’inutilité revendiquée haut et fort est élevée au rang de vertu, faisant de sa vacuité un véritable sacerdoce. Andreas Fiessler, le jeune inventeur allemand à l’origine du boitier, n’est pourtant pas le premier à s’infiltrer dans la brèche de ces exaspérantes machines dont la seule fonctionnalité est de s’éteindre seules.

Peut-être vous souvenez-vous de deux prédécesseurs de ce boitier, deux illustres « ancêtres » dont nous vous parlions déjà ici. Andreas Fiessler a pourtant décidé de pousser le vice un peu plus loin, le jour où son imprimante a passé l’arme à gauche. Plutôt que de se débarrasser de la machine dont seule la tête d’impression était défectueuse, le jeune Allemand a alors eu l’idée de son « Useless Machine Advanced Edition ». En connectant un servomoteur au slider de son imprimante, il permet à un doigt robotique – une simple tige de métal incurvée – de se déplacer sur un axe horizontal en fonction des interrupteurs à éteindre. Le positionnement du doigt est établi à l’aide d’un organe de contrôle classique, un régulateur PID (« Proportionnel Intégral Dérivé ») qui déplace la tige en moins d’une seconde avec une précision allant de 0,1 à 0,2 millimètre, amplement suffisante pour la tâche à accomplir. Le programme cherche alors les interrupteurs à éteindre, avec un plus grand degré de priorité pour les interrupteurs se trouvant à sa gauche. Le résultat est… saisissant.

Bonus : une explosion nucléaire sous-marine, conduite en 1958 par les Etats-Unis

Pour le bonus de cette semaine, replongeons-nous en pleine guerre froide, en 1958, alors que les Etats-Unis conduisaient de nombreux essais d’armes atomiques sur différents sites en plein cœur de l’océan Pacifique. Le 8 juin 1958, Umbrella explosa à une quarantaine de mètres de profondeur (150 pieds), au large de l’atoll de Bikini, un atoll des iles Marshall. La bombe, de « seulement » huit kilotonnes (moins que « Little Boy » ou « Fat Man », les bombes ayant explosé à Hiroshima et Nagasaki à la fin de la seconde guerre mondiale) crée une colonne d’eau gigantesque qui submerge presque instantanément le cargo au premier plan.

Le caméraman et l’équipe de tournage à l’origine de cette vidéo se trouvaient à plus de quatre kilomètres du site de l’explosion, qui a pourtant été rapidement atteint, à son tour, par un mini tsunami. La troisième vague, la plus haute de toutes, aurait atteint une hauteur d’environ 14 mètres selon les estimations du caméraman, obligeant l’équipe de tournage à se réfugier en haut d’un arbre avec le matériel, alors que la vague recouvrait entièrement l’ile.
 

 

Par Rahman Moonzur

Posté le par La rédaction


Réagissez à cet article

Commentaire sans connexion

Pour déposer un commentaire en mode invité (sans créer de compte ou sans vous connecter), c’est ici.

Captcha

Connectez-vous

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.

INSCRIVEZ-VOUS
AUX NEWSLETTERS GRATUITES !