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Souveraineté des entreprises françaises en 2025, une amélioration surtout conjoncturelle

Posté le par La rédaction dans Entreprises et marchés

L’idée de souveraineté d’entreprise revient dans le débat public dès que la chaîne d’approvisionnement se tend, que l’énergie renchérit, ou que les technologies clés se concentrent hors d’Europe. L’édition 2025 du Baromètre de la souveraineté, réalisée par OpinionWay pour By.O et Cubik, propose une lecture structurée de cette notion et de son lien revendiqué avec la croissance.

L’enquête réalisée repose sur un dispositif stable depuis 2022, élaboré à partir d’un recueil téléphonique et d’un questionnaire mêlant questions fermées et ouvertes, mené auprès de 501 dirigeants et membres de directions d’entreprises en France.

En 2025, le baromètre affiche un niveau de souveraineté en hausse, présenté comme lié notamment à une baisse de la dépendance vis-à-vis de l’étranger. L’indice de souveraineté atteint 84 %, en progression de 2 points par rapport à 2024, tandis que l’indice de dépendance recule à 32 %, en baisse de 4 points, et que l’indice de criticité s’établit à 49 %, en baisse de 2 points.

Le document avance aussi des invariants, dont l’idée qu’une entreprise est structurellement moins souveraine à mesure qu’elle grandit, et qu’il existe une relation directe entre capacité de croissance et souveraineté.

Une souveraineté en hausse mais fragile

Le baromètre ne s’arrête pas au constat d’une amélioration chiffrée. L’analyse publiée par By.O et Cubik souligne que le ralentissement économique observé en 2024 aurait réduit les tensions sur les marchés et désaturé certaines capacités, ce qui atténue le sentiment de criticité et de dépendance. Elle en déduit que l’amélioration observée serait conjoncturelle plutôt que structurelle.

Cette lecture s’inscrit dans un environnement macroéconomique décrit, au même moment, comme peu dynamique. La Banque de France, dans ses projections de juin 2025, anticipe une croissance annuelle moyenne de 0,6 % en 2025 après 1,1 % en 2024, avec une activité plus soutenue au second semestre qu’au premier.

Dans ce cadre, le lien entre souveraineté et croissance apparaît moins aigu dans les réponses des dirigeants. L’analyse intégrée au baromètre indique notamment qu’alors qu’une entreprise sur trois déclarait auparavant que la perte de souveraineté affectait sa capacité de croissance, elles ne seraient plus qu’une entreprise sur cinq cette année à le penser.

Le questionnaire illustrant ce lien montre aussi une inflexion sur la perception de l’impact. La page dédiée confirme le lien entre souveraineté et croissance, tout en indiquant qu’une part plus importante d’entreprises estime que la dépendance envers l’étranger n’affecte pas leur croissance.

Plus précisément, en 2025, 18 % des répondants estiment que la dépendance à l’étranger pouvait impacter leur croissance. Ce résultat varie toutefois selon la taille de l’entreprise, avec un niveau plus élevé pour celles de 50 à 249 salariés, et un recul net dans les entreprises de 250 salariés et plus par rapport aux années précédentes.

Relocalisation et leviers d’action, un diagnostic plus tranché

Si la souveraineté s’améliore sur le papier, la relocalisation n’apparaît pas comme la réponse privilégiée par les entreprises interrogées. À la question décrivant la situation la plus proche de celle de l’entreprise, 94 % répondent que cette relocalisation n’est pas à l’ordre du jour en 2025, un résultat présenté comme une tendance lourde depuis quatre ans.

En revanche, lorsque le baromètre interroge les solutions jugées pertinentes pour gagner en souveraineté, les réponses se concentrent sur des leviers internes. 63 % estiment qu’il faudrait privilégier l’innovation et 58 % améliorer l’efficacité opérationnelle, tandis que 22 % jugent pertinent de recourir aux financements publics, cette question étant introduite en 2025.

Ces résultats éclairent la pertinence des données à tirer pour 2025. D’un côté, le baromètre documente une détente ressentie sur la dépendance et la criticité, cohérente avec l’idée d’un environnement moins tendu que lors des pics de crise. De l’autre, il invite à la prudence dans l’interprétation, puisque l’amélioration est explicitement qualifiée de conjoncturelle. Ce, d’autant que le recul de la préoccupation pour la croissance peut aussi refléter un contexte de faible dynamique économique plus qu’une résolution durable des vulnérabilités.

Pour conclure, l’édition 2025 propose moins une proclamation de reconquête qu’un instantané. Elle montre une souveraineté en apparence mieux orientée, mais portée par un relâchement des tensions plutôt que par des transformations profondes. Elle révèle par ailleurs un arbitrage clair des dirigeants en faveur de l’innovation et de la performance opérationnelle plutôt que de la relocalisation ou de la dépendance à l’aide publique.

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