La ville d’Annecy a annoncé mardi prendre un arrêté destiné à mieux encadrer la mise à l’eau d’embarcations depuis les pontons publics, en réaction à l’arrivée de plateformes de location entre particuliers sur le lac haut-savoyard.
« Face au danger d’ubérisation du lac, le maire signe un arrêté limitant les mises à l’eau », explique la municipalité dans un communiqué.
Fin avril, l’américain Uber a annoncé le lancement d’un nouveau service, Uber Boat, via un partenariat avec la plateforme de location de bateaux Click&Boat, dans cinq pays d’Europe dont la France. Les villes d’Annecy, Cannes, Marseille, Nice, Paris, Saint-Tropez et Toulon ont alors été annoncées.
Contacté par l’AFP mardi, Uber a précisé que le service n’avait été lancé début juillet que « dans cinq destinations européennes: Nice, Cannes, Saint-Tropez, Ibiza et Lisbonne » et n’était « pas disponible à Annecy » à ce stade.
La plateforme Click&Boat est quant à elle opérationnelle dans la capitale de Haute-Savoie, selon son site internet.
Selon le cabinet du maire macroniste Antoine Armand, la présence d’embarcations en lien avec la plateforme de location de bateaux avec skipper « monopolise les pontons et mises à l’eau qui normalement ne sont pas prévus pour des usages commerciaux ».
Cela pose également des questions d’égalité avec les loueurs agréés soumis à enregistrement auprès de la préfecture ou encore de protection du lac contre une moule invasive.
La municipalité a donc décidé d’interdire l’utilisation des mises à l’eau publiques « pour toute activité commerciale ». Elle a également décidé de changer les règles de stationnement des embarcations et véhicules sur deux sites de mise à l’eau, désormais limité à 15 minutes. Enfin un ponton est désormais « réservé à la seule desserte des bateaux et pas à l’amarrage passif ».
« La Ville d’Annecy affirme une ligne claire: le lac est un bien commun. Sa commercialisation ne peut se faire au détriment de l’intérêt général, de la sécurité des usagers et de la préservation de ce patrimoine exceptionnel », indique le communiqué.
En 2025, la Ville avait déjà adopté des mesures pour réguler les meublés de tourisme, dont le nombre a bondi de près de 200% entre 2019 et 2024 avec l’avènement des plateformes de type AirBnB, amplifiant les tensions sur un marché locatif déjà parmi les plus chers de France.
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