Dans le budget 2027 de la Sécurité sociale, il manque « au minimum 1,3 milliard d’euros » aux établissements de santé pour couvrir la hausse des besoins de soins et des charges, alertent lundi les hôpitaux publics, privés et structures d’hospitalisation à domicile.
Pour réduire quasiment de moitié le déficit de la Sécu, le gouvernement a choisi de serrer la vis: le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) présenté la semaine dernière limite la hausse des dépenses d’Assurance maladie à +2% en 2027 (contre une hausse mécanique d’au moins +3,5% sans mesures d’économie).
L’exécutif assure toutefois donner de l’air aux établissements de santé, car leur sous-enveloppe dédiée augmentera, elle, de +3%.
Mais « le vieillissement de la population et la progression des maladies chroniques exigent davantage de prises en charge. La hausse annoncée à +3% ne permettra pas d’y répondre sans fragiliser encore plus (nos) finances », déplorent lundi dans un communiqué commun les fédérations représentatives des hôpitaux publics (FHF), établissements privés (FHP), privés non-lucratifs (Fehap), d’hospitalisation à domicile (Fnehad) et centres anti-cancer (Unicancer).
Les fédérations déplorent notamment le gel de certains crédits en 2026, qui auront des conséquences en 2027, puisque la base sur laquelle est calculée la hausse des dépenses est ainsi « diminuée », soulignent-elles.
Ces crédits gelés participent au financement de missions essentielles, comme la recherche, l’innovation, les urgences, la psychiatrie, la permanence des soins ou encore l’accueil des patients précaires, et doivent être « réintégrés », jugent-elles.
« Un abondement » du budget à hauteur de 1,3 milliard d’euros « est impératif pour permettre aux établissements de remplir leurs missions », plaident ces organisations. Cela reviendrait à une hausse de +3,9% de l’enveloppe des établissements de santé, en incluant la compensation par l’Etat de hausses des cotisations versées par les hôpitaux à la caisse de retraite de leurs agents.
Cette demande se base sur des « hypothèses prudentes d’activité et d’inflation », et intègre déjà « 650 millions d’euros d’économies et d’efficience », assurent-elles.
« Sans moyens suffisants, les patients risquent des délais de prise en charge plus longs et des inégalités d’accès aux soins aggravées », avertissent les fédérations.
Elles appellent enfin les élus à faire en sorte que le pays « se dote d’un PLFSS dans les délais impartis », estimant que « dans le contexte de fragilité financière actuel, les établissements de santé ne pourraient supporter une insécurité juridique et une incertitude budgétaire supplémentaires ».
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