L’Union européenne a proposé lundi un système de notation de l’empreinte environnementale des centres de données, les « data centers », afin de répondre aux critiques sur ces infrastructures en pleine expansion avec l’intelligence artificielle.
Pour accompagner le développement fulgurant de l’IA, l’Europe compte tripler sa capacité de centres de données dans les sept ans qui viennent.
Mais cette croissance suscite d’importantes inquiétudes environnementales, en matière de consommation d’énergie, d’eau ou d’artificialisation des sols.
Pour y répondre, l’Europe prévoit de mettre en place à partir de 2027 un « label de durabilité », qui fournira une « information transparente sur l’utilisation réelle des ressources par les centres de données » en énergie et en eau, selon Bruxelles.
Il s’inspire des étiquettes énergétiques qui figurent sur les appareils électroménagers, avec un classement de A à G et un code couleur du vert au rouge.
Sous réserve du feu vert du Parlement européen et des Etats membres, ce système de notation s’appliquera aux centres de données disposant d’une puissance supérieure à 500 kW.
Il prendra également en compte leur contribution au réseau électrique, notamment leur capacité à récupérer et réutiliser la chaleur qu’ils produisent.
« Tripler notre capacité de centres de données ne peut pas signifier tripler la pression sur nos réseaux électriques, nos ressources en eau et nos factures d’énergie », souligne la vice-présidente de la Commission européenne, Teresa Ribera.
« Tout commence par la transparence: évaluer les grands centres de données en fonction de leur impact sur notre système énergétique », ajoute-t-elle.
Cette proposition est une réponse à une polémique du printemps.
En avril, une enquête du collectif de journalistes Investigate Europe avait reproché à Bruxelles d’avoir cédé à Microsoft et au géant de la tech, en reprenant « presque mot pour mot » leurs revendications, dans une loi de 2024 qui leur permet de ne pas dévoiler de façon détaillée l’empreinte environnementale de chaque centre de données.
Seules des statistiques nationales agrégées sont rendues publiques.
La Commission européenne avait contesté cette accusation, en expliquant que cette loi sur l’efficacité énergétique précisait « clairement que les informations qui seront rendues publiques n’incluent pas celles soumises » au secret des affaires.
Bruxelles avait alors promis un système de notation, avec des « étiquettes de performance ».
Les centres de données figurent parmi les secteurs connaissant la croissance la plus rapide au monde. Ils ont consommé à eux seuls environ 68 TWh d’électricité dans l’UE en 2024.
Sous l’effet notamment du développement de l’intelligence artificielle, cette consommation devrait pratiquement doubler pour atteindre 114 TWh d’ici 2030, soit plus de 3% de la demande totale d’électricité de l’Union européenne, selon l’Agence internationale de l’énergie.
Aux Etats-Unis, la construction des centres de données est devenue un sujet de crispation politique, à l’approche des élections législatives de mi-mandat, prévues en novembre.
adc/mad/abx
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