Les Européens ont plaidé lundi pour faire de la prochaine conférence de l’ONU sur le climat en Turquie un rendez-vous « fédérateur » en faveur de « l’électricité propre », bien conscients qu’ils n’arriveront pas à obtenir d’engagements décisifs sur la sortie des énergies fossiles.
Les ministres de l’Environnement des Vingt-Sept se sont réunis au Luxembourg pour arrêter leur stratégie pour cette COP31, organisée du 9 au 20 novembre à Antalya.
« Cette COP doit vraiment être axée sur la mise en oeuvre » des engagements climatiques de l’Accord de Paris. Elle devra se concentrer sur « l’électrification propre », a dit le commissaire européen Wopke Hoekstra, qui défend aussi bien les renouvelables que l’énergie nucléaire pour remplacer les énergies fossiles.
Les Européens étaient sortis déçus de la COP30 au Brésil il y a un an, faute de mention de la sortie des énergies fossiles, et se présentent en Turquie avec des attentes limitées.
Pour éviter de rejouer les mêmes divisions avec les pays producteurs d’hydrocarbures, le thème de « l’électrification » est un « choix pragmatique et fédérateur », a insisté Wopke Hoekstra.
Autre signe de leurs ambitions modestes, les pays de l’UE ne souhaitent pas promettre de nouveaux financements à cette COP mais entendent tenir les engagements existants.
Lundi, les Vingt-Sept n’ont pas dit s’ils soutiendront l’initiative de la Turquie visant un objectif non contraignant de 35 % d’électricité dans la consommation finale d’énergie d’ici 2035, contre environ 20 % actuellement.
La France voudrait qu’elle ne soit pas simplement un objectif général à l’agenda, mais bien une décision contraignante de cette COP31, « approuvée par toutes les parties », a souligné le cabinet de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut.
Et cela doit être de « l’électricité propre » car « quand on électrifie, il ne faut pas que ce soit avec du charbon, sinon ça ne sert pas à grand chose », a prévenu le ministère français.
« On ne peut pas se contenter d’une COP qui ne serve à rien », a encore martelé l’équipe de Monique Barbut, qui réclame également des engagements pour lutter contre le méthane, un gaz à effet de serre extrêmement polluant.
Cette stratégie de l’Union européenne pour la COP31 a été accueillie froidement par des organisations environnementales.
« Reconnaître la nécessité de sortir des énergies fossiles ne suffit plus. L’Union européenne a besoin d’une véritable feuille de route », de « mesures concrètes » et « d’une stratégie pour promouvoir le même niveau d’ambition à l’échelle mondiale », a réclamé Sven Harmeling, de CAN Europe, un réseau d’ONG.
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