Un syndicat du géant sud-coréen des puces Samsung Electronics a confirmé mercredi qu’un important mouvement de grève commencerait comme prévu jeudi, après l’échec de négociations avec la direction sur un meilleur partage des bénéfices tirés de l’essor de l’intelligence artificielle.
Les organisations syndicales du groupe, poids-lourd de l’économie sud-coréenne, avaient précédemment annoncé une grève pour la période du 21 mai au 7 juin, faute de compromis.
Selon leur décompte, elle pourrait réunir 50.500 de leurs membres (sur 125.000 salariés dans le pays).
Il s’agira de la deuxième grève dans l’histoire de Samsung Electronics, mais cette fois-ci le mouvement s’annonce bien plus massif que celui de 2024 qui avait mobilisé 6.000 employés.
Les syndicats réclament une hausse de salaire de 7%, la fin du plafonnement des primes et d’autres avantages.
Les salariés exigent également que Samsung, fabricant de puces-mémoires qui approvisionne les géants technologiques américains comme Nvidia, consacre 15% de son bénéfice d’exploitation aux primes.
Ce conflit survient sur fond de boom de l’IA qui profite aux fabricants sud-coréens de puces-mémoires: au premier trimestre 2026, Samsung Electronics a multiplié par six son bénéfice net sur un an, à 27 milliards d’euros.
Des écarts massifs entre les employés de la section des puces de Samsung, bénéficiant de généreuses primes, et ceux des autres départements sont notamment mis en avant.
L’organisation syndicale Samsung Electronics Labor Union (SELU) a indiqué mercredi avoir « accepté la proposition de médiation soumise par la Commission nationale des relations du travail », un organisme officiel, mais que « la direction a signifié son refus ».
En conséquence, « le syndicat déclenchera demain, en toute légalité, une grève générale », a-t-elle indiqué dans un communiqué.
« En aucun cas une grève ne doit avoir lieu », a de son côté insisté la direction de Samsung dans un communiqué, se disant prêt à dialoguer « jusqu’au tout dernier moment ».
Pour autant, les négociations ont jusqu’ici échoué car « accéder aux revendications syndicales excessives risquerait de compromettre les principes fondamentaux de la gestion de l’entreprise ».
Selon l’ampleur et la durée de la grève, l’impact économique pourrait être important: à lui seul, Samsung Electronics génère 12,5% du PIB de la Corée du Sud et une part colossale de ses exportations.
Selon l’agence de presse Yonhap, la Banque de Corée a estimé lundi que dans le pire des scénarios, un arrêt total de production pourrait amputer le taux de croissance sud-coréen de 0,5 point de pourcentage en 2026.
Le Premier ministre Kim Min-Seok avait lui même mis en garde dimanche contre des « dommages économiques (…) inimaginables » en cas de grève.
jh-cdl/jug/roc
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