Un haut responsable sud-coréen a évoqué la nécessité de réfléchir à un partage des « superprofits » de l’ère de l’intelligence artificielle (IA) avec l’ensemble de la société, alors que le boom des semi-conducteurs génère des gains massifs pour Samsung et SK hynix.
Les deux entreprises se sont imposées comme des fournisseurs clés de puces haute performance pour les infrastructures d’IA mondiales, affichant des bénéfices records au premier trimestre face à l’explosion de la demande.
L’indice de référence de la Bourse de Séoul, le Kospi, a brièvement frôlé la barre historique des 8.000 points pour la première fois mardi matin, atteignant 7.999,67 points, avant de se replier en territoire négatif.
Dans un message publié lundi soir sur Facebook, Kim Yong-beom, secrétaire général de la présidence chargé des politiques, a affirmé que la Corée du Sud ne fonctionnait plus comme une « économie d’exportation cyclique traditionnelle » mais pourrait s’orienter vers une « structure proche d’une économie de monopole technologique », portée par la rareté des puces et les superprofits durables.
Tout en soulignant que cette transition économique représentait « l’essence même des opportunités » du pays, M. Kim a averti qu’elle pourrait également aggraver la polarisation sociale.
Il a ainsi proposé la mise en place provisoire d’un « dividende national » pour redistribuer ces bénéfices.
Ces fonds pourraient servir à soutenir des start-ups, financer des programmes de revenu de base pour les ruraux ou les pêcheurs, aider les artistes ou renforcer les pensions de retraite.
« Utiliser une partie des superprofits pour garantir la stabilité sociale de la génération actuelle (…) n’est pas seulement de la redistribution, c’est aussi une forme de coût de maintenance du système », a-t-il affirmé.
Ces déclarations interviennent alors que le syndicat de Samsung Electronics réclame la suppression du plafond des primes de performance et demande un système allouant 15% du bénéfice d’exploitation aux bonus. Une réunion de médiation avec la direction est prévue ce mardi.
Face à la frénésie mondiale pour les centres de données, la Corée du Sud a annoncé vouloir tripler ses dépenses dans l’IA cette année pour rejoindre les Etats-Unis et la Chine dans le top 3 des puissances mondiales du secteur.
D’autres appels à la redistribution émergent au sein de la classe politique.
Le député Moon Geum-ju (Parti démocrate, centre gauche, au pouvoir) a ainsi argué que le succès du secteur s’était construit en partie sur « le sacrifice des agriculteurs et des pêcheurs » lors de l’ouverture des marchés sud-coréens au libre-échange, estimant qu’une part des profits devait leur revenir.
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