Face à la désertification des centres-villes, des députés ont proposé de créer des « zones prioritaires » pour les commerces de proximité, où les loyers seraient encadrés, entre autres préconisations dans un rapport présenté mercredi à l’Assemblée nationale.
« Le petit commerce de village est bien souvent le dernier lieu de sociabilité », a déclaré le député et rapporteur du texte Laurent Lhardit (PS) devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale.
Avec son homologue LR Jean-Pierre Vigier, il se désole de l’augmentation du taux de vacance des locaux commerciaux dans les villes – artisans, pharmacies, coiffeurs, etc. Ce taux était de 12% dans les villes en 2025, contre « 6,8% dix ans plus tôt ».
En outre, « 62% des communes françaises n’ont plus aucun commerce », avertissent les parlementaires.
En cause notamment, la « révolution des modes de consommation, (la) concurrence du commerce en ligne livrée à armes inégales, (l’) héritage d’un demi-siècle de course aux surfaces en périphérie » et la rigidité de la réglementation de l’immobilier commercial, a détaillé M. Vigier.
La vague de fermetures de ces magasins frappe essentiellement les communes rurales et les villes de taille moyenne, mais les parlementaires s’inquiètent de la progression du phénomène, qui gagne les grandes métropoles.
Ainsi, dans les zones particulièrement touchées, les députés proposent que les maires puissent encadrer les loyers commerciaux pour encourager les gérants à s’installer.
Jugeant d’ailleurs que cette vacance « est parfois artificiellement entretenue par des foncières privées qui bénéficient d’avantages fiscaux que nous considérons comme injustifiés », ils proposent de réformer ce système fiscal.
Les deux députés conseillent également d’instaurer un objectif « de zéro surface commerciale périphérique nette » pour éviter que les zones commerciales en périphérie des villes ne s’agrandissent et de « rapprocher les consignes automatiques de livraison des commerces physiques » pour générer du trafic et du passage chez ces derniers.
Ils ont encore exhorté les pouvoirs publics à prendre des mesures pour encadrer l’essor du commerce en ligne. Parmi celles-ci, la création d’une éco-taxe sur la livraison à domicile et une autre, à l’échelle européenne, qui concernerait les « grandes plateformes ».
Enfin, ils appellent à renforcer les contrôles « face au nombre pléthorique de fraudes constatées » sur les plateformes de vente en ligne étrangères avec des « procédures de sanction accélérées » et la possibilité pour le juge français de déréférencer l’entreprise des moteurs de recherche « en cas de récidive ».
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