La fédération française des diabétiques (FFD) a appelé mardi les groupes pharmaceutiques à continuer à innover dans le traitement du diabète, craignant que cette maladie fréquente ne passe au second plan face à l’essor du marché lié à l’obésité.
« Ce qu’on redoute encore actuellement, c’est que certains industriels se détournent du marché du diabète » parce que l’obésité représente « un marché peut-être encore plus grand que celui du diabète », a déclaré Jean-François Thébaut, vice-président de cette fédération représentant les 4 millions de diabétiques en France.
« On a besoin de ces innovations thérapeutiques et on ne voudrait pas que la recherche et développement se fasse en oubliant le diabète », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à l’occasion des 150 ans du géant américain Eli Lilly. Car l’innovation a permis, par le passé, de franchir « des paliers supplémentaires pour gagner en espérance de vie et en qualité de vie », selon ce cardiologue.
Les marchés du diabète et de l’obésité sont très liés dans la mesure où les traitements les plus récents agissent sur ces deux maladies chroniques.
Si le marché du diabète est ancien -la première insuline créée par Lilly remonte à 1923-, celui de l’obésité est devenu ces trois dernières années un axe de croissance majeur pour l’industrie pharmaceutique.
En France, deux nouveaux traitements d’une famille de molécules (analogues du GLP-1) contrôlant la glycémie et faisant perdre du poids, ont été ouverts la semaine dernière au remboursement par la Sécurité sociale pour certains patients souffrant d’obésité sévère, à partir de mi-juin.
Ces traitements anti-obésité -Mounjaro pour Eli Lilly et Wegovy du danois Novo Nordisk – consistent en une injection hebdomadaire avec un dosage progressif.
La population éligible au remboursement est évaluée par la Haute autorité de santé dans une fourchette comprise entre 1 et 2 millions de patients.
Jusqu’à présent, le prix était librement fixé par les groupes pharmaceutiques. Les patients français devaient débourser environ 300 euros par mois de leur poche pour ces stylos injectables, disponibles sur ordonnance depuis fin 2024.
Les prix affichés pour le remboursement de ces traitements diffèrent en fonction du dosage: plus celui-ci est élevé, plus le prix l’est aussi, ce qui rend difficile une estimation précise du coût annuel de ces traitements.
Le président de Eli Lilly France, Marcel Lechanteur a justifié le prix plus élevé du Mounjaro par rapport au Wegovy par le « niveau d’efficacité » du tirzépatide, lié à son « double mécanisme d’action » (GLP-1 plus une autre hormone gastro-intestinale, GIP), et par un délai plus rapide pour atteindre la dose permettant de maintenir l’effet recherché.
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