La justice électorale a donné 24 heures à Meta pour prouver que la plate-forme réserve un traitement égalitaire sur ses réseaux aux campagnes du président sortant Inácio Lula da Silva et de son adversaire conservateur Flávio Bolsonaro.
Dans le cas contraire, Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, devra payer une amende d’un million de reales (environ 200.000 dollars) par jour, selon un document du tribunal consulté par l’AFP.
Le président de gauche Lula, 81 ans, en quête d’un quatrième mandat, et Flávio Bolsonaro, 45 ans, sont à égalité dans les sondages à quelques jours du deuxième tour.
Lula a dénoncé « l’interférence » de Meta dans l’élection brésilienne après avoir été devancé de peu au premier tour par Flávio Bolsonaro, fils de l’ex-président Jair Bolsonaro.
Le président de gauche a accusé la plate-forme américaine de restreindre la circulation de ses contenus sur Instagram et WhatsApp.
Par ailleurs, Lula a mis en garde contre la « sélectivité » des algorithmes du modèle d’intelligence artificielle de WhatsApp. Ce modèle refuserait selon lui de générer du contenu électoral qui lui soit favorable, ce qui ne serait pas le cas pour Bolsonaro.
Son parti a saisi la justice électorale ainsi que l’Organisation des Etats américains (OEA).
Meta a nié tout parti pris dans les élections. L’entreprise a reconnu la désactivation par erreur d’annonces de campagne de Lula, l’attribuant à des « incidents » techniques qui n’affectent pas seulement le Brésil.
Jeudi, un juge du Tribunal supérieur électoral a ordonné à la plate-forme américaine d’appliquer les mêmes règles aux deux candidats.
Le tribunal a interdit à Meta de réduire de façon inégale la portée des contenus électoraux, les recommandations et les résultats des recherches.
Il était également demandé à Meta de ne favoriser aucun candidat avec son outil d’intelligence artificielle, comme l’ont dénoncé des usagers.
L’arrêt du tribunal prévoyait déjà une amende de 500.000 reales par jour (100.000 dollars) en cas de non-respect.
Dans sa nouvelle décision, le tribunal électoral a conclu que Meta n’avait pas prouvé qu’il avait mis en oeuvre la majorité des injonctions antérieures.
« La persistance de l’absence de mise en oeuvre (des décisions), à quelques jours du second tour, met en évidence l’insuffisance de l’amende », selon cette décision antérieure.
Pendant la campagne, Lula a affirmé que le gouvernement américain tentait d’interférer dans les élections en faveur de Flávio Bolsonaro, dont le père et ex-président Jair Bolsonaro (2019-22) est un allié de Donald Trump.
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