La sortie du gaz fossile prévue d’ici 2050 par la France doit être anticipée pour éviter un « effet ciseau » sur les consommateurs, qui seront moins nombreux à contribuer à l’entretien des infrastructures gazières, conseille le régulateur de l’énergie dans un rapport publié mercredi.
Aujourd’hui, les infrastructures gazières (réseaux de transport et de distribution, installations de stockage, terminaux méthaniers) desservent environ dix millions de clients résidentiels en gaz naturel.
Mais ce nombre, en baisse depuis plusieurs années, est appelé à poursuivre sa diminution, suivant les objectifs de décarbonation de la France (électrification du chauffage, rénovation énergétique…).
En 2050, « la France disposera toujours d’infrastructures gazières de qualité, utiles et sécurisées, transportant et distribuant du gaz décarboné, mais desservant moins de consommateurs », souligne la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
Aussi, l’organisme entend « donner un certain nombre de clés » pour « accompagner cette décroissance pour l’ensemble des acteurs (consommateurs, opérateurs, salariés…) » et « stabiliser le financement des infrastructures gazières » à l’horizon 2050.
Dans les trois scénarii envisagés par la CRE (baisse rapide, modérée ou lente de la consommation), les charges liées aux infrastructures gazières baissent moins fortement d’ici 2050 que la consommation et le nombre de clients.
Ils s’inscrivent tous dans l’objectif de neutralité carbone de la France en 2050, et intègrent le biométhane dont la production est amenée à remplacer le gaz fossile à cet horizon.
Selon que la décroissance est lente ou rapide, le coût des infrastructures gazières baisserait de 11% à 17% quand la consommation de gaz reculerait de 14% à 56%.
La baisse des utilisateurs raccordés au réseau serait elle de 9%, 26% ou 60% selon les scénarii.
Pour les abonnés, cela se traduirait par un tarif moyen, qui couvre l’entretien du réseau, en hausse faible à modérée dans les deux premiers cas (+0,2% à +1,4% hors inflation jusqu’en 2050), mais qui augmenterait significativement (+3,5%) dans le scénario de décroissance rapide, selon la CRE.
Le nombre de clients serait divisé par deux, à 5 millions, dans celui de décroissance rapide.
La CRE préconise de « trouver la bonne répartition des charges entre les consommateurs actuels et futurs permettant d’atteindre un niveau de tarifs soutenable en 2050 ».
Elle estime également nécessaire de permettre aux acteurs locaux d’identifier les zones nécessitant une présence durable du réseau gazier, notamment s’il alimente un réseau de chaleur urbain ou sert des usages industriels.
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