Quelque 8.000 clients sont toujours privés d’électricité mardi soir, principalement dans le Nord et à Paris, en raison des fortes chaleurs qui mettent les câbles à rude épreuve et des orages qui se sont abattus dans la nuit de samedi à dimanche, a annoncé Enedis.
Mardi à 18H00, 3.700 foyers et entreprises restaient à réalimenter en électricité, principalement dans le Nord, « à la suite des violents orages qui ont suivi l’épisode de canicule exceptionnelle et généralisée », a indiqué le gestionnaire du réseau de distribution dans un communiqué. Mardi matin, ils étaient encore 8.100.
En outre, 4.200 autres clients sont privés d’électricité en raison d' »incidents isolés » dus aux « chaleurs exceptionnelles des derniers jours », « principalement à Paris », a poursuivi Enedis. Ce chiffre était de 7.800 en début de journée.
Lors des épisodes caniculaires, le réseau électrique parisien, 100% souterrain, est soumis à rude épreuve. En raison de la couleur sombre du macadam et d’une température atteignant des pics à 42°C le jour et ne faiblissant pas suffisamment la nuit, la chaleur s’est accumulée et, en sous-sol, a pu monter jusqu’à 80°C.
Ce phénomène « met en contrainte les réseaux souterrains » et « augmente les risques d’incidents, notamment en milieu urbain dense », a détaillé Enedis auprès de l’AFP.
Ces « incidents » ont deux causes principales. D’un côté, les câbles ancienne génération, installés dans les années 60 et imprégnés d’huile, se dessèchent sous l’effet de la chaleur. Ces derniers « s’abîment et ne parviennent plus à faire circuler l’électricité », a-t-il poursuivi.
De l’autre, « les jonctions entre les tronçons de câbles rompent », coupant ainsi le flux d’électricité.
Depuis quelques années, de nouveaux câbles, « mieux isolés », sont installés, a déclaré le gestionnaire, soulignant que leur utilisation « divise par 33 le nombre d’incidents en période de chaleur ».
Principalement causé par la combustion des énergies fossiles, le dérèglement climatique multiplie et intensifie les vagues de chaleur extrême. Pour « renforcer la résilience » de son réseau, Enedis a annoncé investir « 15 milliards d’euros sur l’adaptation au changement climatique » entre 2026 et 2040.
Les lignes aériennes sont également « particulièrement sensibles aux fortes températures », a indiqué à l’AFP le gestionnaire du réseau à haute tension RTE, précisant qu’en période de canicule, « les câbles s’allongeaient et se rapprochaient du sol ».
Alors que « 37% des lignes aériennes sont vulnérables à la chaleur », RTE est forcé, lors des vagues de chaleur, de réduire « l’intensité de l’électricité transportée » afin « d’éviter qu’elles ne surchauffent et se mettent hors tension ».
Cet épisode historique, le plus sévère jamais mesuré en France, a privé d’électricité plus de 60.000 foyers depuis dimanche.
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