La sécheresse hydrogéologique s’est encore accentuée en juillet en France sous l’effet des vagues de chaleur à répétition et de la hausse des prélèvements en eau, avec près de deux tiers des nappes phréatiques présentant des niveaux sous les normales, a annoncé lundi le BRGM.
Au 1er août, la quasi-totalité (94%) des réserves souterraines en eau de la métropole présentent des niveaux en baisse et la situation des nappes « se dégrade », indique le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le service géologique national, dans son bulletin mensuel.
Lundi, le gouvernement a indiqué que près de 70% de la France faisait déjà l’objet de mesures de restrictions de l’eau, annonçant la tenue d’une nouvelle réunion de crise mercredi.
La vidange des nappes, phénomène classique pendant l’été, est cette année particulièrement forte « en lien avec le déficit de pluie efficace en juillet et l’augmentation de la demande en eau des différents usages », notamment agricoles et touristiques, explique le BRGM.
Juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré en France et le 3e mois de juillet le plus pauvre en précipitations avec un déficit de pluie de près de 70% à l’échelle nationale, selon les données de Météo-France.
Le mois dernier a notamment été marqué par deux vagues de chaleur: la première, du 4 au 19 juillet, est la troisième plus longue jamais enregistrée en France. La seconde, débutée le 28 juillet, est toujours en cours.
Conséquence directe: malgré une recharge hivernale importante, au 1er août, 63% des nappes phréatiques, principales réserves en eau potable du pays, présentent des niveaux sous les normales.
C’est quasiment 10 points de plus qu’un mois plus tôt (54% sous les normales au 1er juilllet).
La situation est particulièrement préoccupante pour les nappes du socle limousin et les calcaires de la Côte des Bar (sud de la Champagne) qui présentent des niveaux « très bas », indique le BRGM.
La sécheresse des nappes est « plus dégradée » que celle observée fin juillet 2025, où seuls 44% des niveaux étaient sous les normales.
Elle n’atteint en revanche pas encore la sévérité observée en 2022, année de sécheresse historique en France. Au 1er août 2022, 73% des nappes affichaient des niveaux inférieurs aux normales.
Pour les prochains mois, le BRGM indique que les prévisions restent « incertaines » et dépendront en grande partie des éventuelles pluies estivales.
Mais compte tenu des besoins de la végétation, des températures plus élevées attendues dans les scénarios établis par Météo-France pour les trois prochains mois et de l’augmentation des prélèvements, la vidange des nappes devrait « s’accentuer » en août « sur la quasi-totalité des nappes », estime l’organisme.
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