Des peines de prison avec sursis ainsi qu’un « bannissement numérique » ont été requis mardi à l’encontre de deux streamers jugés à Nice, dans le sud de la France, pour des violences et humiliations en ligne infligées à deux hommes, dont l’un est décédé en direct en France en août 2025.
La procureure Maud Marty a requis 30 mois de prison dont un an ferme à domicile avec bracelet électronique, et 30.000 euros d’amende contre Owen Cenazandotti, alias Naruto, 27 ans, et 18 mois avec sursis probatoire et 15.000 euros d’amende contre Safine Hamadi, dit Safine, 24 ans.
Elle a aussi demandé un « bannissement numérique » des deux hommes, qui seraient interdits à vie de publier sur les plateformes, considérant qu’il s’agit d’un « système de maltraitance humaine » et « pas un dérapage ou une provocation ».
Les deux hommes étaient jugés pour des violences et des humiliations, comme des gifles, des coups de pied et de fouet ou de batte de baseball, infligées à Raphaël Graven, alias Jean Pormanove ou JP, et à Stéphane G., alias Coudoux, quadragénaire sous curatelle, au cours de milliers d’heures de live entre 2023 et 2025 sur les plateformes Twitch puis Kick.
En août 2025, Raphaël Graven est mort près de Nice, après plus de 12 jours de diffusion vidéo en direct de ces violences.
Son corps inerte a été retrouvé en direct, choquant le monde entier. L’enquête portant sur sa mort avait toutefois été classée sans suite en février dernier, après l’autopsie.
Avec une moyenne de 20.000 internautes devant chaque live le soir de 21H00 à minuit, c’était la chaîne Kick la plus regardée en France. Des influenceurs, chanteurs ou footballeurs y ont participé, et ses protagonistes ont touché jusqu’à 6.000 euros par mois, même plus pour Naruto.
« On a fait du bien à plein de gens. On [ne] voyait pas le mal », a raconté Naruto au tribunal. Safine, ami d’enfance qui l’avait rejoint pour animer la chaîne, a lui assuré avoir essayé de prendre ses distances et se sentir aujourd’hui « pas fier ».
Parallèlement à ce procès, une enquête est en cours à Paris sur la plateforme australienne de streaming vidéo Kick, pour déterminer si elle a rémunéré les deux hommes et quels freins elle a mis à leurs dérives.
Le jugement est attendu le 5 août.
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