Le président gabonais Brice Oligui Nguema a annoncé lundi une réforme de la SEEG, société nationale d’eau et d’électricité au Gabon, pour pallier les défaillances régulières qui nourrissent le mécontentement populaire dans le pays.
La fourniture en eau et électricité subit d’importantes perturbations depuis plusieurs années au Gabon, en raison de la vétusté des infrastructures et des impayés de la société publique à l’égard de ses opérateurs.
« La SEEG doit être reformée si nous voulons régler de manière durable le problème », a annoncé le président Oligui Nguema lundi, à l’occasion de son discours annuel sur l’état de la Nation, devant les députés et sénateurs réunis en Congrès.
« Ces dysfonctionnements nous confortent dans le projet, d’une part, de séparer la gestion du secteur de l’eau de celui de l’électricité, et d’autre part de dissocier la production, de la distribution et de la commercialisation », a-t-il détaillé.
Selon le président, les dysfonctionnements trouvent en partie leur source dans la « mauvaise gouvernance » de la société.
« Ce moment de vérité m’oblige aussi a être franc avec vous. Au-delà des problèmes, les délestages continus sont dus au fait que la SEEG ne paie pas ses opérateurs », a-t-il poursuivi.
Mais le chef de l’Etat a accusé également « l’incivisme des usagers ».
« Plusieurs pratiques préjudiciables persistent : le non-paiement des factures, l’enfouissement des compteurs, la fraude et le trafic, le vol des câbles, le sabotage des transformateurs ainsi que la piraterie des compteurs et les branchements directs », a-t-il énuméré.
Ces dernières années, les autorités gabonaises avaient enchaîné les mesures destinées à « soulager la détresse du peuple gabonais face à cette problématique énergétique ».
En février 2025, l’Etat avait notamment signé un protocole avec la société turque Karpowership pour la fourniture de 150 mégawatts, grâce à deux centrales électriques flottantes pour approvisionner le grand Libreville.
Le même mois, le Gabon et la Guinée équatoriale avaient procédé à l’interconnexion de leurs réseaux électriques pour pallier les besoins d’électricité du nord du Gabon.
« Aucun investissement structurant n’a été fait ces vingt derniers années » alors que les besoins en consommation énergétique ont pratiquement doublé entre 2010 et 2024, estimait début 2025 l’administrateur provisoire de la SEEG, Steve Saurel Legnongo.
La capitale gabonaise est régulièrement privée de courant, suivant un système de délestage tournant: l’électricité est coupée dans des quartiers entiers pendant plusieurs heures, pour assurer l’alimentation d’autres parties de la ville. Tandis que les coupures d’approvisionnement en eau durent par endroit plusieurs mois.
Le redressement du réseau électrique s’impose comme l’un des enjeux clés pour Brice Oligui Nguema, qui a renversé la dynastie Bongo lors d’un coup d’État en août 2023, avant d’être élu à la présidence avec 94,85 % des suffrages en avril 2025.
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