Trois syndicats, la CGT et deux organisations kényanes, « mettent en demeure » le groupe français TP de prendre des mesures pour protéger ses travailleurs chargés de l’annotation des données d’IA et de la modération de contenus sur les réseaux sociaux, dans un communiqué publié mercredi.
Ils exigent ainsi que l’entreprise revoie « en profondeur son plan de vigilance afin de protéger les milliers d’employés de l’entreprise, au Kénya et dans le monde », affectés à ces tâches et qui ont été exposés à « des milliers de contenus violents à examiner chaque jour sans protection adéquate ».
Ces organisations réclament aussi une action auprès de ses clients « afin que leurs exigences commerciales ne puissent conduire à dégrader la santé, la sécurité ou les droits des travailleurs ».
TP (ex-Teleperformance), spécialisé à l’origine dans les centres d’appels, a développé depuis quelques années des services de modération de plateformes en ligne ou d’entraînement d’algorithmes d’intelligence artificielle (IA), pour le compte d’entreprises de la tech qui lui sous-traitent ces activités.
Cette dernière activité, qui croît avec l’essor de l’IA générative, consiste par exemple à identifier sur des milliers d’images certains objets, symboles, ou personnes, pour entraîner des modèles à les reconnaître.
L’action, menée par la CGT et les associations kényanes de défense des travailleurs du clic The Oversight Lab et Data Labelers Association, repose sur le devoir de vigilance auquel est soumis TP.
Introduit dans le droit français en 2017, il impose aux grandes entreprises de publier un document cartographiant les risques graves pour les droits humains, la santé et l’environnement liés à leurs activités et à celles de leurs partenaires commerciaux, et de mettre en oeuvre des « mesures de vigilance raisonnable » pour les prévenir.
Sans action du groupe dans un délai de trois mois, les trois associations « pourront saisir » la justice, assurent-elles.
D’après des documents publiés par le groupe, ses activités d’annotation de données pour des modèles d’IA et pour des médias, et de « support et sécurité pour l’IA générative » représentent 2% de son chiffre d’affaires lié à ses activités principales en 2025, soit environ 174 millions d’euros, selon le calcul effectué par l’AFP.
La même année, l’entreprise avait réalisé un chiffre d’affaires total de 10,2 milliards d’euros.
mng/mch/abx
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