La direction du studio parisien de jeux vidéo Kylotonn prévoit de supprimer les deux tiers des effectifs de l’entreprise, placée fin mars en redressement judiciaire, a annoncé mercredi une représentante syndicale à l’AFP.
« La direction de Kylotonn, avec le concours des administrateurs judiciaires, prévoit de supprimer 84 postes », laissant « 38 personnes qui travailleraient jusqu’à une mort certaine de l’entreprise », a indiqué à l’issue d’un CSE Naomi Heinis, déléguée du Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) au sein du studio.
La grande majorité de ces départs seront contraints, a-t-elle précisé.
Notamment connu pour ses jeux de course, Kylotonn a été placé en redressement judiciaire le 30 mars aux côté de deux autres studios, Cyanide et Spiders, dans la foulée de leur maison mère, l’éditeur français Nacon.
Spiders a depuis été placé en liquidation judiciaire, entraînant le licenciement de 71 salariés, tandis que Midgar Studio, autre propriété de Nacon, cherche un repreneur.
« Il est prévu de sortir EMS (+Endurance Motorsport Series+, ndlr) au plus vite » afin de pouvoir « licencier les effectifs de ce projet dès que possible », a poursuivi la représentante syndicale, précisant que « rien n’est prévu » pour le futur du jeu « Test Drive Unlimited », « sauf de la maintenance ».
Le STJV a appelé les salariés du studio à poursuivre la grève, qui a débuté le 7 mai, jusqu’à vendredi.
Contactée par l’AFP, la direction de Nacon n’avait pas répondu dans l’immédiat.
Basé à Lesquin (Nord), Nacon, qui réunit 16 studios de développement, avait annoncé être en cessation de paiement en février puis avait été placé en redressement judiciaire le 3 mars.
Les difficultés de Nacon, troisième éditeur français derrière Ubisoft et Pullup, sont liées à celle de sa maison mère, BigBen Interactive, connue pour ses accessoires destinés aux jeux vidéo.
Dans l’impossibilité de rembourser une échéance de prêt d’environ 43 millions d’euros, BigBen s’était vu contraint d’ouvrir en mars une procédure de conciliation avec ses créanciers, plongeant sa filiale dans la tourmente.
Le secteur des jeux vidéo, qui emploie quelques 12.000 salariés en France, a déjà été marqué ces derniers mois par la difficile passe financière du géant Ubisoft.
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