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Jeux vidéo: grève au studio Quantic Dream, prélude à un été social dans cette industrie

Posté le par AFP

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté jeudi devant les locaux parisiens de Quantic Dream pour protester contre un plan social menaçant une centaine de salariés mais aussi alerter sur les difficultés de la filière française, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le studio français, notamment connu pour ses titres narratifs « Detroit: Become Human » et « Heavy Rain », a annoncé en mai l’arrêt du développement de « Spellcasters Chronicles », faute de joueurs, se traduisant par un plan de départ.

Environ 115 emplois sont menacés, a indiqué à l’AFP un représentant du Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV), sur les quelque 400 salariés que compte Quantic Dream à Paris et Montréal.

Contacté par l’AFP, le studio n’a pas réagi dans l’immédiat à cette mobilisation.

« Je suis très inquiet », confie Antoine Malifarge, 26 ans, ancien de « Spellcasters » qui travaille également sur « Star Wars Eclipse », un jeu d’action-aventure très ambitieux sur lequel le studio planche depuis des années.

La date de sortie n’a pas encore été annoncée.

« Il y a un risque qu’on ne puisse pas le finir », alerte Loriel Paris, 32 ans, qui s’inquiète de voir « plein de collègues sur des sièges éjectables ».

Quantic Dream a assuré en mai que le développement de « Star Wars Eclipse » ne serait pas affecté par l’arrêt de « Spellcasters ». Mais des doutes subsistent sur l’avenir du studio depuis que son propriétaire, le géant chinois du secteur NetEase Games, a commencé à retirer des financements à d’autres projets dans le monde.

« La situation du jeu vidéo en France est très alarmante », s’inquiète Marie, employée au studio parisien Amplitude, face à un marché de l’emploi saturé de nouveaux arrivants.

Présents sur le piquet de grève, des représentants du STJV de plusieurs studios français ont annoncé des mobilisations cet été pour alerter les pouvoirs publics et les joueurs sur les difficultés du secteur, avant un appel à la grève nationale plus tard dans l’année.

Depuis plusieurs mois, les mauvaises nouvelles s’accumulent pour la filière française, qui emploie environ 12.000 personnes.

Plusieurs studios ont mis la clé sous la porte et des dizaines de salariés ont perdu leur emploi dans le sillage de la mise en redressement judiciaire de l’éditeur Nacon.

En difficulté financière, le géant français Ubisoft poursuit ses fermetures de studio à l’étranger, récemment ceux de Winnipeg et Belgrade, et s’est séparé de plus de 4.000 salariés depuis septembre 2022.

Déjà touché par un plan de départ en 2025, le studio Don’t Nod aura épuisé ses finances en novembre, ont alerté les commissaires aux comptes de la société. Son principal actionnaire, le géant chinois Tencent, refuse de le renflouer.

kf/jlo/LyS

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