Le pétrolier « DF Peak », soupçonné d’appartenir à la « flotte fantôme » russe, est arrivé tôt jeudi en baie de La Possession, dans le nord-ouest de La Réunion, a-t-on appris de source portuaire.
La préfecture de ce département français de l’océan Indien avait annoncé lundi l’arraisonnement du navire par la Marine nationale en haute mer, à près de 500 milles nautiques au sud de l’île.
Le « DF Peak » était soupçonné d’arborer un faux pavillon. « La visite effectuée à bord et l’examen des documents ont confirmé l’irrégularité du pavillon arboré », a indiqué la préfecture.
Le pétrolier, qui se nommait « Kaliningrad » jusqu’en juin 2024 et figure parmi plus de 700 navires sanctionnés par l’Union européenne, a été escorté par la Marine nationale jusqu’à La Réunion.
Les 21 membres d’équipage ont fait l’objet d’une privation de liberté de 48 heures.
Le parquet de Saint-Denis a ouvert mardi une enquête visant le commandant pour le délit de « non-justification de la nationalité », passible de deux ans d’emprisonnement et de 300.000 euros d’amende, a informé la procureure de Saint-Denis, Véronique Denizot.
Les investigations s’attacheront « notamment à établir les conditions d’exploitation du navire et à identifier son propriétaire et son armateur », a précisé la magistrate.
Selon deux arrêtés préfectoraux publiés mercredi, la navigation et les activités nautiques sont interdites dans un rayon de 1.000 mètres autour de ce bâtiment lors de son transit dans les eaux territoriales, puis dans un rayon de 500 mètres à son point de mouillage dans la baie de La Possession.
Ces mesures, applicables à partir de jeudi à 00H00 (mercredi à 22H00 à Paris), sont justifiées par les « risques spécifiques » liés à son « absence d’émission AIS (Système d’identification automatique) » et par « l’affluence possible de personnes », a indiqué la préfecture.
Cette prise intervient dans un climat d’inquiétude en Europe sur l’avenir de la guerre en Ukraine, après l’annonce vendredi par Donald Trump de la levée de certaines sanctions pour livrer massivement du gazole russe sur les marchés, une décision fustigée par Volodymyr Zelensky.
La « flotte fantôme » est composée de navires souvent vieillissants et exploités sous pavillon étranger, que Moscou est accusé d’utiliser pour transporter son pétrole et d’autres marchandises, en contournant les sanctions occidentales.
La France a promis d’accentuer la pression contre ces bateaux et entend organiser cet automne, a priori en novembre, une conférence internationale sur le sujet.
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