SpaceX a annoncé mardi, pour ses premiers résultats d’entreprise cotée, un chiffre d’affaires quasiment doublé sur un an, à 7,8 milliards de dollars au deuxième trimestre, au-dessus des attentes, et une perte nette réduite de moitié sur la même période (541 millions de dollars), bien moindre que prévu par les analystes.
L’action du groupe spatial d’Elon Musk perdait pourtant environ 6% dans les échanges d’après-clôture à Wall Street, dans l’attente de la conférence du multimilliardaire, appelé à justifier des investissements record : 18,4 milliards de dollars sur le trimestre, engloutis pour l’essentiel dans l’intelligence artificielle.
Il s’agissait d’un des résultats les plus attendus de la saison à Wall Street : introduite le 12 juin au Nasdaq lors d’une opération record qui lui a rapporté 85,7 milliards de dollars, l’entreprise a vu son action perdre environ la moitié de sa valeur depuis son sommet de la mi-juin, les investisseurs doutant de sa capacité à transformer ses promesses en revenus.
Le communiqué de mardi apporte un premier élément de réponse : les revenus de la branche IA ont triplé en un trimestre, à 2,6 milliards de dollars, portés par la location de la puissance de calcul des centres de données du groupe.
Le champion de l’IA Anthropic, créateur des modèles Claude, verse depuis juillet 1,25 milliard de dollars par mois à SpaceX, qui encaissera aussi 920 millions mensuels de Google à partir de l’automne.
Cette activité a, pour la première fois, gagné de l’argent sur son fonctionnement courant (sans compter les lourds investissements), avec un trimestre d’avance sur les attentes.
Au sein de cette branche, qui regroupe aussi le réseau social X et le robot conversationnel Grok, la publicité sur X recule en revanche de 14% sur un an, à 367 millions de dollars.
Starlink, l’internet par satellite, reste de loin la première activité du groupe : 12 millions d’abonnés, deux fois plus qu’il y a un an, pour 4,3 milliards de dollars de revenus trimestriels.
C’est aussi la seule branche nettement rentable, celle qui finance les autres.
Ces résultats illustrent la mutation d’un groupe qui n’est plus seulement une entreprise de fusées : les lancements, coeur historique de SpaceX, n’ont représenté qu’à peine plus d’un dixième des revenus du trimestre, et perdent de l’argent.
bl/adr
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