La réunion des ministres du Commerce du G20 s’achève jeudi sans avoir fait bouger les lignes concernant les « surcapacités industrielles », a fait savoir la présidence américaine, qui reproche régulièrement à la Chine de se livrer à une concurrence déloyale.
Washington est cette année l’organisateur d’une série de sommets du G20, qui rassemble les grandes économies mondiales (Chine, Inde, Japon, France, Russie…).
Le dernier réunira les chefs d’État mi-décembre dans un complexe de golf appartenant au président américain Donald Trump à Miami.
La rencontre dédiée aux questions commerciales s’est déroulée sur deux jours à Milwaukee (Wisconsin, nord des États-Unis), non loin de la frontière avec le Canada, l’une des cibles privilégiées de la guerre commerciale menée par l’exécutif américain.
L’hôte du sommet et représentant de la Maison Blanche pour le Commerce Jamieson Greer avait pour objectif de mettre en avant les sujets des « surcapacités industrielles » – une attaque à peine voilée contre la concurrence chinoise – du travail forcé et de l’utilisation de la nourriture comme une arme.
Concernant les excédents de production qui tirent les prix vers bas, « presque tous les pays ont reconnu qu’il s’agi(ssai)t d’un problème qui nécessite des mesures », a déclaré M. Greer en conférence de presse.
Sans surprise, un consensus n’a donc pas été trouvé.
Le mois dernier, lors de la réunion des ministres des Finances du G20, la Chine – puissance exportatrice aux airs de rouleau compresseur – n’avait pas signé des paragraphes du communiqué final mentionnant cette question.
Interrogé pour savoir si la deuxième économie mondiale avait une nouvelle fois fait entendre sa différence, M. Greer n’a pas répondu.
Les délégués ne se sont pas non plus ralliés derrière le message américain au sujet du travail forcé, selon Washington.
Le thème, d’apparence consensuel, est litigieux depuis que le gouvernement du président Donald Trump a mis en place une surtaxe à l’encontre d’une soixantaine de partenaires commerciaux qu’il accuse de ne pas suffisamment lutter contre le travail forcé.
La Chine, l’Inde et l’Union européenne (UE) – toutes membres du G20 – sont concernées.
– Préserver l’accès à la nourriture –
Les participants ont en revanche tous refusé que l’accès à l’alimentation devienne un moyen de pression dans les conflits.
Le ministre délégué français chargé du Commerce extérieur, Nicolas Forissier, avait un peu plus tôt souligné auprès de l’AFP l’existence d’un « consensus » contre « l’utilisation de la nourriture, de l’agriculture, de tout ce qui concourt à l’agriculture, comme une arme ».
« L’agression de l’Ukraine par la Russie a conduit à l’utilisation comme une arme des exportations de blé qui étaient empêchées depuis l’Ukraine », a-t-il pointé.
« Là il y a un consensus, même si certains pays peuvent être dans l’oeil du cyclone. Je pense sur la question ukrainienne à la Russie », a-t-il ajouté.
Les États-Unis, qui ont opéré un rapprochement avec Moscou depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, ont invité la Russie à siéger à toutes les réunions du G20, crispant les pays européens qui soutiennent Kiev.
C’est le ministre russe du Développement économique, Maxime Rechetnikov, qui était à Milwaukee.
Avant l’ouverture des débats mercredi, deux versions de la traditionnelle photo de famille ont été prises – les Européens ne voulant pas apparaître au côté de leur homologue russe.
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