Les autorités de Macédoine du Nord ont annoncé jeudi avoir mis au jour un réseau de propagande au service d’intérêts russes, soupçonné d’avoir utilisé des dizaines de sites internet pour attiser « la haine ethnique et nationale ».
Selon des médias locaux, l’affaire serait liée à des dizaines de sites internet, de profils et de pages sur les réseaux sociaux diffusant en macédonien de fausses informations touchant aux points sensibles du conflit identitaire entre Macédoniens et Bulgares.
Les deux pays s’opposent notamment sur l’origine de la langue et de l’identité macédoniennes. Sofia considère le macédonien comme une langue issue du bulgare et revendique comme bulgares plusieurs figures historiques que la Macédoine du Nord présente comme appartenant à son histoire nationale.
L’Agence de sécurité nationale macédonienne a annoncé avoir ouvert une enquête visant un ressortissant macédonien soupçonné d’entretenir des liens avec des acteurs étrangers à l’origine du réseau de propagande.
Le domicile du suspect a été perquisitionné le 18 septembre et des objets ont été saisis pour être expertisés, selon l’agence. L’homme est notamment soupçonné d’incitation à la haine nationale, raciale et religieuse, de divulgation d’un secret officiel et de diffusion de contenus racistes et xénophobes par l’intermédiaire d’un système informatique.
« Les véritables acteurs de ce réseau de propagande, qui sert les intérêts russes, se dissimulent derrière des pseudo-portails clonés enregistrés sous un nom de domaine macédonien », a-t-elle indiqué.
– Fausses informations –
Ces faux sites, liés selon l’agence à des structures politiques régionales prorusses, servaient à diffuser des contenus visant à « saper la confiance dans les institutions et à encourager la haine ethnique et nationale », ainsi qu’à compromettre le processus d’adhésion du pays à l’Union européenne, a-t-elle ajouté.
Des médias macédoniens ont cité des exemples de fausses informations affirmant par exemple que des centaines de milliers de Macédoniens auraient payé pour obtenir la nationalité bulgare, et ces publications suscitaient ensuite des centaines de commentaires polémiques, parfois ponctués d’insultes nationalistes.
La Macédoine du Nord a officiellement ouvert des négociations avec l’Union européenne en juillet 2022 pour y adhérer. Le processus reste toutefois bloqué, faute d’une modification de la Constitution reconnaissant notamment la minorité bulgare, condition inscrite dans un compromis conclu avec Sofia.
La Macédoine du Nord, membre de l’Otan depuis 2020, s’est par ailleurs alignée sur les sanctions européennes adoptées contre la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine. La Commission européenne estime dans un rapport de 2025 que le pays reste exposé aux ingérences étrangères, à la désinformation et à d’autres formes de menaces hybrides.
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